02.09.2007
Mon vendredi à La Rochelle (un invité)
En parler vaut-il vraiment la peine ?
Au travail. 16h15, auditorium. Jean-Christophe Cambadélis ouvre l’université d’été, terminant son intervention sur "les socialistes (qui) se remettent au travail". Et ils le sont, et le seront ! Mais les images n’en diront rien.
Des ateliers de qualité, sur l’individualisme avec Henri Weber, ou l’économie de marché et le socialisme, ponctués d’interventions de militants qui, telle "michèle delaunay, bordeaux" apportent leur modeste idée sur la manière de concevoir les politiques publiques face aux demandes catégorielles : une grille de lecture pour construire notre projet de 2012 et le réussir. Il n’y a pas de petites phrases, l’envie est là de réfléchir, de prendre à bras le corps les nécessités, de livrer la bataille des idées pendant 5 ans et de s’opposer.
Je retiens l’idée, convaincu que si La Rochelle n’est pas la montée des marches du festival, ce n’est pas toutefois le lieu le plus propice pour le nouveau venu que je suis.
Fonction curative pour les maux de militants inquiets, d’eux même et de ce qui se décide, se vote, et se décrète. Réflexion de qualité sur le pourquoi de la défaite.
Ah oui, j’aurais dû parler de comment François Hollande a demandé aux journalistes de s’éloigner de lui, alors qu’il pénétrait dans l’auditorium et que Ségolène Royal s’exprimait 20 mètres plus bas, pour ne pas faire d’image outre mesure, parce qu’il faut tendre l’oreille et écouter.
Ah oui, Ségolène a été applaudie fortement, mais je n’en dis pas plus sur le comment de la chose. Parce que malgré les nombreux absents, une bonne partie de l’intelligence du PS est restée, et présente ici.
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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.
12:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste, université d'été, la rochelle, ps, militant
30.08.2007
Islington plutôt que La Rochelle ? (un invité)
Retour à l’intitulé de cette université d’été : diagnostic pour la rénovation. Pourquoi le PS a-t-il perdu ? Et comment ne pas renouveler cet exploit dans cinq ans ? Au vu du programme, l’analyse s’annonce sérieuse et intellectuellement intéressante, qu’elle soit faite par des élus ou responsables socialistes parmi les plus intelligents ou par des personnalités diverses de l’extérieur. Besoin d’autant d’ateliers pour cerner les causes de la défaite ? Je me pose quand même sincèrement la question…
Et l’avenir ? Se joue-t-il vraiment -ou même un peu- à La Rochelle ? Les militants, jeunes qui plus est, joueront-ils un rôle dans la réflexion collective des prochains mois ? Sera-t-elle une somme de tribunes ou de rebonds ? Passera-t-elle par le shadow cabinet et ses députés, plus nombreux que prévus ? Et les courants, auront-ils le poids qu’ils ont eu dans le passé ?
Ah oui, j’oubliais la fameuse question du leader : l’élection étant présidentielle, il nous en faudra un. Et s’il n’était pas encore connu ? Va-t-on aller le chercher dans une circonscription, un type brillant, nouvelle gueule, qui satisferait tout le monde ? Naïvement, cette solution me plairait bien. Ou subira-t-on le jeu des écuries ? Autre solution : un dîner au Granita d’Islington, entre deux quadras socialistes ?
Bref : si vous êtes imaginatifs et que vous préférez les questions aux réponses, votre place est au PS.
Pour les curieux : pourquoi La Rochelle, et ce depuis 1992 ? Parce que c’est une ville qui avait l’énorme avantage, outre d’être au bord de la mer, d’être dirigée par un élu membre du ... Parti radical de gauche : "A chaque fois qu’une ville socialiste était proposée, quelqu’un mettait son veto parce que le maire n’était pas de son courant" raconte un cadre socialiste dans Libé de mardi, se rémorant le choix de la ville.
un invité, carte postale écrite jeudi 30 août, avant de prendre la route de La Rochelle
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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.
22:45 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste, université d'été, La Rochelle, ps
La Rochelle : carte blanche (ou presque)
La Rochelle, comme si vous y étiez. Mais pas de n’importe où.
Pour ce long week-end de débats socialistes, je laisse carte blanche à un invité : depuis La Rochelle et son université d'été désertée, il enverra ici quelques cartes postales que je m'empresserai de commenter - ou non.
Ni live-blogging à proprement parler, ni blogueur accrédité : c'est un militant qui vous causera ici. Jeune, eh oui, mais pas adhérent au mouvement de Razzye. Plutôt nouvel adhérent, sans pour autant avoir payé 20 euros son adhésion.
Pour le reste des présentations, je lui laisse la parole.
17:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Parti socialiste, La Rochelle, université d'été, ps
24.08.2007
Perle d'hémicycle (1/2)
J’ai déjà eu l’occasion de dire l’utilité que je porte à la philosophie politique de John Rawls et trop regretté son absence du débat public, pour ne pas saluer la noble initiative de Christine Lagarde. Pendant quelques secondes, voilà une ministre de l'Économie plus remarquée pour son mépris de "la France qui pense" (voir ici pour les faits, là pour le courrier dont un lecteur américain s'est fendu au Monde), qui se risque à le faire revivre dans l'hémicycle. Las ! Il faut espérer que la prochaine fois que Christine Lagarde se lancera dans le débat d’idées, elle évitera de sacrifier la réflexion sur l’autel du bon mot facile. Mais assez palabré, savourons.Nous sommes le 10 juillet, et Christine Lagarde s’exprime pour la première fois devant la représentation nationale en tant que ministre de l’Economie. Tocqueville (beaucoup), Orsenna (un peu) sont convoqués pour défendre l’architecture générale du premier projet phare de la XIIIè législature. Le discours n'a rien à envier, niveau name droping à une chanson de Vincent Delerm : Confucius voisine Paul Lafargue, et l’Eurostar les 35 heures.
Au centre de son intervention axée sur le compromis entre justice et égalité ? John Rawls. Oh, sûr que Méhaignerie n'en fait pas une lecture radicale, non. Mais quand même. L'inamovible député de la 5è circonscription d'Ille-et-Vilaine bataille, entre autre, pour que la CSG ne soit pas comprise dans le bouclier - "certains d’entre nous n’éprouvent pas un enthousiasme excessif…à l’idée d’introduire la CSG dans le bouclier fiscal", euphémise-t-il. Il plaide au contraire pour l'instauration d'un "impôt minimum alternatif", seul "moyen de satisfaire à la fois les engagements du Président de la République et l’exigence d’équité (...)" Bref, conclut Méhaignerie : s'"il est normal de protéger le citoyen contre l’excès d’imposition d’un État, (...) l’État a aussi le devoir de faire en sorte que des personnes à hauts revenus contribuent à la dépense publique."11:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, ps, lagarde, mehaignerie, rawls
30.07.2007
La salle d'attente
- J’ai vu, dans Match …
- Quoi, parce que tu lis Paris Match, toooâââ ?
- Oui, enfin, c’était dans la salle d'attente, chez le dentiste … (1)
Michel Rocard, ancien premier ministre et plus récemment miraculé de Calcutta, signe un retour cette semaine, dans les colonnes de Paris Match. Acide mais lucide, à contre-courant des nostalgiques aigris, il est toujours aussi indispensable. Dans une démarche très marketée, Paris Match diffuse, sur son site internet, une interview vidéo (2) de l’ancien Premier ministre. L’article papier n’est pas disponible en ligne, la vidéo tient davantage du teasing bas de gamme que du supplément d'information.
Précisément, le soucis, c'est que, version internet, le célèbre "poids des mots, choc des photos" connaît quelques ratées. S’il n’y a pas de problème pour les photos (les voyeurs seront sans doute déçus par un Rocard qui ne porte ni cicatrice, ni pansement voyant), les mots laissent à désirer. Voir Rocard avertir qu’"il n’y aura pas de reconstruction sans qu’on pense", torse nu avec une serviette de bain à proximité, c’est quand même un peu léger, non ? Et cette voix féminine qui semble traduire (de français à français) la première question posée, rendant inaudible la réponse de Rocard ... ? Et ce montage qui fait se succéder Rocard habillé, Rocard torse nu, Rocard habillé, Rocard torse nu ... ? Manière subliminale de nous faire comprendre qu’il devrait aller se rhabiller, papy, ou simple erreur de monteur stagiaire ?
En fait, cette vidéo est surtout une illustration de ce hic que Rocard souligne avec plaisir. Vous autres journalistes, "vous ne savez pas comment nous traiter quand on n’est de simples fournisseurs d’idées", voilà l’accusation. Et il a raison Rocard. Encore une fois. La preuve. Pour qu’on le laisse dire ça, il a fallu qu’il s’exhibe, montre son crâne dégarni, son corps vaguement ragallardi. Et ces images, voilà ce qu'on retient, plus que ce qui est dit.
Je lis en ce moment Si la gauche savait, son livre d’entretiens avec George-Marc Benamou. Dans sa nouvelle édition augmentée, il livre quelques réflexions sur le début de la campagne présidentielle de 2007. Sans surprise, il est proche des critiques d’un Bayrou sur des médias responsables de la pauvreté du débat politique. Mais il va plus loin. L’ancien candidat à la présidentielle qu’il fut en tire la conclusion que l’élection au suffrage universel direct du Présdient de la République n’est sans doute pas "la plus grande innovation politique du XXè siècle" chantée par certains. Penser contre soi-même, ne pas avoir peur d'évoluer, ce n'est pas un retournement de veste, sans doute la seule manière de faire avancer la réflexion en politique.
Ah oui, j’oubliais Michel. Pour intervenir dans le débat sans être obligé de poser à poil, et permettre aux lecteurs de contourner l’alibi de la salle d’attente, il y a un moyen très facile. Lis donc des billets qui s’attachent aux idées sur des blogs, comme ici où l’on parle de toi, d’ailleurs. Et puis je suis sûr que Versac serait ravi de t’aider à faire un retour, un vrai, sur le net, lui qui semble porter une attention particulière aux vétérans de la Vè République. Parce que, tu le sais mieux que personne, la gauche ne sait pas encore.
(1) : variante : chez le coiffeur
(2) pour la vidéo, je vous recommande de vous dépêcher, je crois qu'elle ne restera pas très longtemps en ligne sur le site de match, et l'hebdomadaire d'Arnaud Lagardère ne semble pas encore complètement converti au partage vidéo.
(photo : capture d'écran, parismatch.com)
12:55 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, rocard, michel rocard, paris match, parti socialiste, ps, élections




