19.03.2008
On va sortir les ciseaux...

Un jour qu'il survolait la région Rhône-Alpes pour se rendre à une réunion publique, un ami qui l'accompagnait lui demanda : « On est où, là ? »
Alain Marleix jeta un oeil par le hublot de l'avion et répondit, catégorique : «Nous sommes au-dessus de la 3e circonscription de l'Ain.»
01:21 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, remaniement, carte électorale, alain marleix, marleix, ump
20.02.2008
les victimes comme point Godwin
Les victimes, c'est un peu le point Godwin d'une discussion sur le droit pénal, plus encore lorsqu'on flirte avec le pénitentiaire. Grâce à la (toujours) excellente émission Les dessous de la loi, consacrée cette fois à la loi relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental avec MC Jean-René Lecerf en vedette, on découvre qu'un certain sénateur, l'un des douze heureux élus au suffrage universel direct (eh oui), est champion en ce domaine.
Bravo, monsieur Robert-Denis del Picchia, vous venez de transformer le Sénat en forum internet bas de gamme.
08:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, sénat, dati, rétention de sureté, droit
28.01.2008
Les sénateurs à poil
C'est beau, un Parlement sous pression : alors qu'il examinait en urgence (comme d'habitude) le texte de Luc Chatel sur la consommation, le Sénat s'est retrouvé contraint de hâter l'ouverture des magasins le dimanche, et d'autoriser l'intervention par décret sur la quatrième licence de téléphonie mobile. Deux dispositions rajoutées à la demande du gouvernement (ou presque), et qui n'ont pas été examinés par l'Assemblée. Pourquoi en parler maintenant ? Parce qu'il y avait des témoins, qui retrouvent la mémoire...
C'est un dimanche soir au ralenti, avec une émission de Public Sénat en fond sonore : un reportage dans la coulisse de la loi Chatel, votée en décembre dernier. Ca ronronne (un peu), ça bataille (plus), ça administre (énormément). Mais plusieurs fois, la tête se redresse. Et tique : pendant plus de vingt minutes, c'est un peu de l'impuissance du Parlement qui s'étale sous nos yeux. Je ne résiste pas à un arrêt sur images.
Le contexte. La loi quoi, vous dites ? Mais si voyons, la loi sur le développement de la concurrence au service des consommateurs, du sous-ministre Luc Chatel, qui cause marges arrières, hotline, et autres joyeusetés du genre. Celle qui, une fois de plus, fait râler le fils de l'épicier de Landerneau.
Dans le reportage de Fabrice Cuney, on prend le train en marche au Sénat, après une première lecture à l'Assemblée nationale. Le conducteur, c'est le rapporteur du texte, le sénateur UMP de l'Eure-et-Loire, Gérard Cornu.
Première crasse. Ca commence de manière plutôt grossière. Souvenez-vous : les vigies des Assemblées n'avaient pas manqué de corner, contre cet amendement autorisant l'ouverture de certains magasins le dimanche. Certes non-cavalier, l'amendement en question n'en est pas moins fort opportun : plusieurs grandes surfaces (Conforama notamment) ont été condamnées à des amendes conséquentes, et les décisions du même accabit se multiplient. Avant le texte de loi qui, selon Xavier Bertrand, « ne peut plus être repoussé aux calendes grecques » , il faut parer au plus pressé, peu importe la forme.
Le sénateur socialiste du Maine-et-Loire Daniel Raoul ne digère pas (c'est lui qui l'a « en travers de la gorge » sur la vidéo ci-dessous), et le rapporteur Gérard Cornu (à gauche) n'a pas l'air franchement plus emballé :
Voyez d'ailleurs comment ce même rapporteur évoque l'amendement Debré, à chaud d'abord, et sur le plateau de Public Sénat après à la diffusion du reportage, ensuite :
Nous sommes alors dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 décembre, la séance est levée à zéro heure cinquante-cinq. Les grandes surfaces sont libérées.
Seconde crasse. Mais ce n'est pas tout. Il est encore un autre sujet sur lequel le gouvernement se trouve fort empêtré : l'attribution d'une quatrième licence de téléphonie mobile. Free est sur les rangs, mais ne présente pas de garanties suffisantes, selon l'ARCEP. Pour permettre l'arrivée d'un quatrième opérateur, réclamée (a posteriori) jusque dans le rapport Attali, il faut agir, et vite : le gouvernement a besoin de l'autorisation du Parlement pour intervenir par décret sur le sujet. Présenté -et adopté- une première fois lors de l'examen du projet de loi de finances, l'amendement en question a déjà été retoqué - Authueil vous explique mieux que moi pourquoi ici, au cinquième paragraphe.
Ni une, ni deux, le 14 décembre au matin, le gouvernement retente sa chance, et présente de nouveau l'amendement. Cette fois, le rapporteur s'énerve, applaudi par quelques uns de ses collègues (je ne sais pas si ça applaudit souvent un sénateur, mais avouez que la scène est drôle) :
Roger Karoutchi, aka Droopy sous Lexomil, s'excuse à peine :
Bref, la partie semble compliquée. Mais patatras, Michel Raison finit par céder. Le docu de Fabrice Cuney nous montre comment le député récalcitrant rentre dans le rang, au grand étonnement des administrateurs du Sénat qui préparent la CMP (l'homme en costume sur la droite, la jeune demoiselle installée à côté du député). Des heures de débat passionné seraient-elles passées par là ? Que nenni, la réponse tient en quelques secondes :
Voilà, c'est dit : Michel Raison abdique pour ne pas avoir « d'ennuis » . Difficile de faire la part entre ce qui tient de la présence de la caméra et la sincérité, ces quelques mots ont quand même de quoi surprendre.
Mais bon, puisque le tout est filmé, il ne va pas trop en faire, non plus, n'est-ce-pas Michel ? Je vous laisse savourer les satisfecit de rigueur des deux rapporteurs :
Ah oui, j'allais oublier : la prochaine émission, diffusée courant février, nous dévoilera les dessous de la loi sur la récidive rétention de sûreté (edit) Miam, miam, j'en salive d'avance.
photo : dans les serres du Palais du Luxembourg, par Emmanuel Fradin
23:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, sénat, loi chatel, pouvoir d'achat, consommation
21.01.2008
tiens, un conseil européen pêche, aujourd'hui...
... Michel Barnier, ci-devant ministre de l'Agriculture et de la pêche, sera-t-il de taille pour assumer devant ses petits camarades européens du Conseil agriculture et pêche la sortie présidentielle de samedi, sur les quais du port de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) ?
Pour les distraits, petit rappel de cette nouvelle occasion d'euro-bashing, en quelques extraits sonores, selon une rhétorique bien rôdée :
1. ça commence par l'incontournable question :

2. ensuite, le soundbite - avec justification par le consensus, tant qu'à faire :

3. puis, enfin, la pique, coupée des jités, sur les pêcheurs asiatiques :

(et on pourrait rajouter, en fin de discours, un retour sur les quotas, histoire de bien enfoncer le clou, et de signifier à l'éventuel journaliste distrait que le thème du jour, c'était bien celui-là)
Moi, tout ça, ça m'a rappelé un petit dialogue, entendu la semaine dernière, sur France Inter, lors de l'émission du Téléphone sonne consacrée aux municipales, dans ma ville. Dans la salle de la fac de droit de Lille 1, un anti-Aubry monte au créneau, sur le thème de l'emploi à Lille. Il fait reposer les problèmes sur les supposées mauvaises relations entre la communauté urbaine de Lille et la ville de Lille. Accrochez-vous, l'argument est plutôt spécieux :

Je retiens la réponse du directeur de l'Institut d'Etudes Politiques de Lille, Pierre Mathiot :

Pourquoi mettre ça en ligne, ici et maintenant ? Tout simplement parce que je n'ai pas entendu grand monde remettre, si clairement et en moins de 20 secondes, sur les rails l'euro-basher de la rue du Faubourg Saint-Honoré.
09:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, pêche, michel barnier, nicolas sarkozy, boulogne, lille
06.12.2007
Ca rame du côté du groupe UMP
Un député bientôt suspendu pour ses critiques sur le discours du chef de l'Etat à Alger. Un autre qui, parce qu'il n'a pas vraiment eu l'opportunité d'être candidat à la tête du très fourni groupe d'études sur la chasse, hésite encore entre les non-inscrits et le Nouveau Centre (ce groupe a donc une utilité) comme nouveau port d'attache. Deux autres, encore, biffés pour cause d'élection invalidée. Et, pour couronner le tout, un groupe qui se retrouve en infériorité numérique lors de l'examen, plus que symbolique, du projet de loi sur le nouveau code du travail ...
... Sûr qu'avec des journées à ce rythme là, on n'aimerait pas franchement être à la place de Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale.
(photo trouvée là, mais d'origine douteuse)
00:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, assemblee, grosse fatigue, jean francois copé
18.11.2007
budget 2008 (1) : quand le PS remporte une victoire sur le gouvernement

J'espère que vous êtes bien installés, parés à la lecture de ce moment de bravoure parlementaire. Mais permettez-moi tout d'abord de suggérer une bande-son, à goûter sans modération. Histoire de se mettre dans l'ambiance.
Quelques mots du contexte, pour commencer. Nous sommes au dernier jour de l'examen de la seconde partie du projet de loi de finances 2008, il est raisonnablement tard, mais les derniers trains à destination de la province sont partis. Autant dire que pour le marché du lendemain matin dans la circonscription, c'est râpé, et qu'on peut du coup supposer que les quelques députés présents ont une bonne raison d'être là - du moins ceux qui ne font pas partie de l'incompressible quota des godillots de la majorité. Pour défendre le texte, tout en bas, il y a Eric Woerth. Depuis plusieurs semaines, le ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique est fidèle à sa place, et contrairement aux députés, ce n'est pas pour lui la fin du marathon budgétaire : dès jeudi prochain, il reprendra son bâton de pèlerin, à quelque deux kilomètres de là. Bref, ce vendredi soir, on discute (un peu), on amende (beaucoup), mais on est surtout prié de rester dans les clous budgétaires, et Eric Woerth de ne point trop bourse délier.
Mais revenons à nos valeureux députés socialistes. Jean-Louis Dumont, Jean Launay et Serge Blisko (de gauche à droite sur la photo) ont déposé un amendement de la plus haute importance sur ce projet de loi de finances. Objet de leur colère ? Les bouilleurs de crû. Plus précisément, l'exonération fiscale totale dont bénéficient quelques uns de ces apprentis-sorciers producteurs de tord-boyaux délices de raffinement, répondant aux doux noms de mirabelle de Lorraine, prune dorée de Carennac et autre poire de Felzins. Anecdotique ? Allez donc dire cela à Jules Fournier ou Pierre Mendès-France.
Pour faire simple, en décembre 2002, lors du vote du de la loi de finances 2003, le Parlement a modifié l'article 317 du code général des impôts : en échange d'une exonération fiscale partielle accordée à tout un chacun dès lors qu'il est l'heureux propriétaire d'un terrain à la campagne, les anciens bouilleurs (reconnus comme tels par, je cite, « la campagne de 1959-1960 ») doivent voir l'exonération totale dont ils bénéficient s'interrompre au 31 décembre 2007.
C'était tellement bien prévu que la très concernée préfecture de Meurthe-et-Moselle y est même allée de son petit communiqué de presse, il y a quelques semaines. Manque de bol pour l'attaché de presse de la préf', il va falloir reprendre la plume. Grâce à leur indéfectible dévouement à l'intérêt du jité de Jean-Pierre Pernault du lobby du terroir général, nos fringuants députés socialistes ont obtenu le prolongement de cinq ans du délai couperet.
Les arguments sont fracassants :
« Cet avantage fiscal s’élève, pour chacun des bouilleurs de cru dits privilégiés, à 73 euros par an. Les 300 000 bénéficiaires sont majoritairement d’anciens agriculteurs souvent âgés de plus de soixante-quinze ans et titulaires de petites retraites agricoles » avance ainsi Jean Launay. Avant d'implorer : « Monsieur le ministre, ne nous opposez pas l’argument lié à la défense de la santé publique. En effet, eu égard au volume concerné et à la réalité de la pratique des bouilleurs, cet argument ne saurait valablement être retenu. Nous pouvons aussi regarder cet amendement à l’aune de l’impact sur nos paysages, car ces pratiques permettent de conserver des vergers, donc la production locale de fruits. »
Et devinez quoi ? Ca marche ! Des députés de la majorité vont embrayer, donnant raison à François Mauriac, à qui l'on prête le mot suivant : « Une Assemblée de droite peut succéder à une Assemblée de gauche, pour que les différences s'effacent, il suffit de prononcer le mot magique : bouilleurs de crû. Alors il ne reste plus que des hommes au service de la dégénérescence et de la mort (voir, ici, le 1) » .
Ainsi, Michel Raison, agriculteur de profession (bien sûr, ceci n'a rien à voir avec cela) se lance, bravant l'avis défavorable gouvernemental :
« Monsieur le ministre, il est des régimes spéciaux qui ne sont pas comme les autres ! Celui-ci coûte trois fois rien et s’éteindra de lui-même. Pour ce qui me concerne, je pourrais parler du Kirsch de Fougerolles, mais je n’en ferai pas la publicité ! (Rires) Lorsque je visite, à ce titre, mes 178 communes, je rencontre les dernières personnes qui ont le droit de bouillir gratuitement et dont la moyenne d’âge est d’environ quatre-vingts ans. Cette mesure leur paraît mesquine. Ces personnes, qui ne deviendront pas toutes des centenaires, vont hélas disparaître. Dans quelques années, il n’y aura donc plus de privilège Ce n’est pas un dossier comme celui de la réforme de régimes très particuliers. Pensez à ces personnes âgées de quatre-vingts ou quatre-vingt-cinq ans qui transmettent encore leur savoir-faire à des plus jeunes qui, eux, ne bénéficient que d’une réduction de 50 %, à condition d’avoir un verger. » (Applaudissements sur divers bancs)
J'en connais un qui va faire la gueule.
N'ayez crainte, je suis l'affaire. Et d'ici à l'examen de la loi au Sénat ... vous reprendrez bien un petit coup de gnôle, non ?
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Sans rapport, une journaliste pro a lancé sur le site du monde.fr, un blog intitulé Un strapontin à l'Assemblée. Je serais curieux de savoir si lemonde.fr la rémunère, et j'aimerais bien connaître l'accueil que lui a réservé l'association des journalistes parlementaires et, surtout, la commission qui accorde les accréditations permanentes à l'Assemblée. Vous vous en doutez, pour moi, c'est un bonheur de voir fleurir une telle initiative, et j'attends la suite avec impatience. Bon vent, Mathilde !
21:15 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : politique, assemblée nationale, budget, 2008, PLF, parti socialiste, UMP
14.10.2007
la bande son des anti-ADN
Au Soir 3, ce soir, j'ai aperçu Tiken Jah Fakoly, entonnant son Ouvrez les frontières, lors du rassemblement des anti-ADN, au Zénith.
Mouais. Niveau bande-son, j'ai mieux.
Ca commence comme ça :
La France, ce beau pays où,
... quelles que soient ses différences,
... quelles que soient ses origines,
... quelle que soit sa couleur,on peut réussir.
Bon, après, sûr que pour les images, un traitement de choc s'impose :
L'internaute qui a mis la vidéo en ligne n'a pas l'air d'avoir pris la chose au second degré. Moi, j'avoue, je trouve ça plutôt drôle.
ps : depuis peu, j'ai repris un rythme nettement moins bloguo-compatible. J'espère très vite avoir l'occasion de me replonger avec un peu de temps dans les débats parlementaires, d'autant que les occasions ne manquent pas.
23:45 Publié dans miscellanées | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, immigration, ADN, pub, fiat, grande punto, auto
11.09.2007
Mon samedi et mon dimanche à La Rochelle (un invité)
Du retard dans l’envoi de cette « carte postale ». Les militants socialistes ont leurs obligations de la semaine qui s’ajoutent aux quelques difficultés qu’il y a eu d’accéder à internet Espace Encan.
Après le ballet médiatique et les premiers ateliers du vendredi, qu’y avait-il d’à la fois important et intéressant à retenir de mes journées du samedi 1er et du dimanche 2 à La Rochelle ?
Désolé pour les militants socialistes « DSKiens » ou « soc-dem », ou les tout simplement intéressées par le courant « social-démocrate », je n’étais pas présent à la réunion du vendredi soir, salle de l’Oratoire, autour de Camba et Moscovici, où s’effectuait la présentation du manifeste de « Socialisme & Démocratie », destiné à peser sur la rénovation du PS (rendu public depuis ai-je lu). Non, j’ai opté pour un autre choix : l’invitation apparemment traditionnelle à dîner faite par « mon » premier fédéral. Difficile de ne pas honorer celle-ci.
Le samedi a été, je pense, amplement repris par les radios, télévisions et quotidiens. «Où en est la gauche ?» est le titre de cet atelier du matin. La salle plénière qui donne sur le port est bondée ; la composition est, il faut le dire, alléchante. Les militants d’une part, les journalistes d’autre part, l’on bien senti. « Sur scène », Marylise Lebranchu, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg et Michel Rocard, entourés de Zaiki Laïdi, chercheur à Sciences-Po-Paris. Ah oui, pardon, et Julien Dray ! Tenez, avez-vous entendu J.D., vu des images de lui ? Certainement que non, et pourtant… Il était là ; à la gauche d’Arnaud. Il intervient sur la fin, pas de quoi retourner la salle. Auparavant, a-t-il écouté ses camarades ? Pas sûr, je l’observe tant ce qui ressemble à une absence, une présence uniquement physique est marquante. Je n’ai pas partagé, ni ses choix, ni ses paroles, lui qui a préféré abandonné son thème de travail et d’intervention majeur (la sécurité), mais j’ai de la peine à le voir, afféré à envoyer je-ne-sais-combien de SMS, comme pour tuer le temps. Et pourtant, sa première phrase, à la suite de Bertrand est simple et réelle « Je n’ai pas passé un bon été ». Le poids de la défaite, lui qui l’a vécue aux premières loges, certainement ; et je me pose une question, réélu parlementaire et possédant des responsabilités ou un poids de premier plan au parti, souffre-t-on de « révolte » comme tous les militants socialistes lorsque se succèdent les décisions et les déclarations de l’exécutif et de la majorité ? Si c’est le cas, sa phrase, qui pourrait être celle de tous les militants, n’est pas futile. Dans tous les cas, peu de personne ont du la relever…
Michel Rocard, hué la veille, se présente ; les quelques sifflets sont étouffés par les applaudissements. Son intelligence, son statut et ses actes de premier ministre et son retour de maladie, méritent bien qu’on l’accueille convenablement, et même chaleureusement. Mais, j’ai dans la tête les propos présidentiels tenus à HEC sur la « gestion des ressources humaines » au PS. Et, lui, va retourner la salle. Brillant, astucieux et sincère, en s’adressant aux journalistes, en leur promettant en substance du temps de réflexion et de travail collectif, peut-être moins attirant médiatiquement parlant. Ca tombe bien, il le redira, une bonne moitié du temps d’entretien qu’il aura avec Nicolas Demorrand, vendredi 7 septembre sur Inter. Un écho juste à ce que H. Emmanuelli avait dit la veille en ces termes (approchants) « Pourquoi chercherions-nous un pape si nous n’avons pas encore d’évangiles ? ».
Et Bertrand, l’homme de La Rochelle, salué par le JDD le lendemain. A la limite de la perfection. Orateur percutant, lorsqu’il s’attaque au discours de Dakar ou à l’idée d’opposition entre islam et occident, lorsqu’il joue, dans une approche plus interne, le rassembleur et le ni-éléphant, ni-jeune lion ambitieux, ou lorsqu’il apparaît à la fois comme le modernisateur et l’homme de convictions. Rassembleur en interne, brillant devant les Français et défenseur de certaines valeurs pour les Parisiens. Le tout salué d’une levée spontanée des participant(e)s au badge rose, avec certes quelques militants parisiens mais plus intelligemment placés toutefois que les pro-Ségolène la veille dans l’auditorium.
« Bertrand », l’homme au cœur d’une conversation avec une « camarade » parisienne plus tard, qui bataillait à la même époque l’année dernière pour la candidature de « Lionel ». Sympathique rencontre le samedi soir autour d’une bière sur le port de La Rochelle où l’on discute, en toute franchise, entre pro-DSK (moi) et pro-Fabius par défaut (elle) du 16 novembrei. Une conclusion s’impose à nous : quoiqu’on en dise, si la division entre pro-Ségolène (pas toujours appelée par son prénom par les pro-quelqu’un d’autre !) et les autres au sommet du parti a bien été visible en externe, elle est encore vive, dans les ressentiments et la suspicion, à la base. Triste constat que nous faisons. Et moi, en panne de « leader », m’interroge… Croire en DSK aboutira-t-il, après le travail de rénovation des idées, à croire en Bertrand Delanoë ?
La bataille des idées, celle du travail collectif pour être en mesure de gagner en 2012, c’est l’objectif que j’ai en tête en quittant La Rochelle, sous le soleil du dimanche après-midi. Discours de clôture dimanche matin. Le maire de La Rochelle, le premier fédéral local, une nouvelle élue de la Vienne, la remplaçante de Ségolène Royal à Melle et le président de la FESR se succèdent. Puis vient le jeune président du MJS ; apparemment marqué par la MJS party de la veille (où je n’étais pas puisque je n’avais le « bracelet » mais bien le « badge » rose ! ; puisque j’avais préféré de surcroît le resto voisin de celui où François et Ségolène se sont évitésii ), il fera un bon discours, un très bon discours même. Puis ce sera le dernier discours de La Rochelle de François. Moins caustique, moins drôle qu’à l’accoutumée pour celui qui aura tant de fois privilégier l’humour à la révélation de son intelligence et de ses états d’âme.
Ma Première Université d’été à La Rochelle s’achève, bien décidé à revenir l’année prochaine. L’envie de peser sur le travail collectif de réflexion. Une « contribution » sur un thème que je pense connaître (droits de l’Homme) dans le cadre du congrès ? J’y pense. Dans la poche, un numéro de téléphone du secrétariat national, celui du secrétaire de Adeline. Hazan, secrétaire nationale aux droits de l’Homme ; une personne à contacter.
Y a-t-il vraiment une place pour les jeunes militants désireux d’apporter leur modeste contribution dans cette bataille des idées ? Après La Rochelle, étrangement, j’hésite toutefois à répondre avec certitude par l’affirmative.
un invité, carte postale écrite samedi 8 septembre.
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i Jour du vote des militants socialistes pour la désignation du candidat (en l’occurrence de la candidate) du PS à l’élection présidentielle.
ii Resto voisin où à trois tables, encore « Bertrand »; le samedi soir, c’est pour tout le monde, nous le laisserons dîner en paix et ne lui adresserons qu’un sourire, sans le déranger plus que cela.
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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.
14:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste, université d'été, la rochelle, hollande, royal, delanoe
06.09.2007
la convocation express
François Fillon est plus qu'un simple collaborateur. C'est aussi un surveillant général.
Avis aux ministres : gare à vos matricules, en ce moment, ça convoque sévère. Pour la petite histoire, Rama Yade tente de se défendre en expliquant qu'elle n'est «pas venue en tant que ministre, plutôt en tant que secrétaire nationale de l’UMP».
ATTENTION - Ajoute demande d'explications du Premier ministre ///AUBERVILLIERS (France), 6 sept 2007 (AFP) La secrétaire d'Etat française aux Droits de l'Homme Rama Yade a suscité jeudi la polémique après avoir rendu visite à Aubervilliers, une banlieue du nord de Paris à forte population immigrée, à des squatteurs de logements d'origine africaine expulsés.
Le Premier ministre François Fillon, selon son entourage, a reçu Mme Yade "pour comprendre les raisons" de son déplacement controversé et "lui a fait savoir qu'à l'avenir ce type de démarche devrait faire l'objet d'une concertation avec ses collègues" du gouvernement.
(...)
Mme Yade avait de son propre aveu "improvisé" jeudi matin un déplacement à Aubervilliers auprès de squatteurs qui venaient d'être évacués à la demande de la mairie, suscitant la colère de la municipalité PCF qui l'accuse de "soutien aux squatteurs". La secrétaire d'Etat avait expliqué à l'AFP avoir voulu "arranger les choses" et "amorcer un dialogue" par sa visite. lby/so/bma
| Agence | Date (GMT) | Titre | Mots-clés | Catégorie | Priorité |
|---|---|---|---|---|---|
| AFP | 06/09/2007 16:42 | France: polémique après une rencontre entre ministre et squatteurs expulsés | France immigration CoteIvoire logement évacuation |
19:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, ministres, rama yade, aubervilliers, ump
02.09.2007
Mon vendredi à La Rochelle (un invité)
En parler vaut-il vraiment la peine ?
Au travail. 16h15, auditorium. Jean-Christophe Cambadélis ouvre l’université d’été, terminant son intervention sur "les socialistes (qui) se remettent au travail". Et ils le sont, et le seront ! Mais les images n’en diront rien.
Des ateliers de qualité, sur l’individualisme avec Henri Weber, ou l’économie de marché et le socialisme, ponctués d’interventions de militants qui, telle "michèle delaunay, bordeaux" apportent leur modeste idée sur la manière de concevoir les politiques publiques face aux demandes catégorielles : une grille de lecture pour construire notre projet de 2012 et le réussir. Il n’y a pas de petites phrases, l’envie est là de réfléchir, de prendre à bras le corps les nécessités, de livrer la bataille des idées pendant 5 ans et de s’opposer.
Je retiens l’idée, convaincu que si La Rochelle n’est pas la montée des marches du festival, ce n’est pas toutefois le lieu le plus propice pour le nouveau venu que je suis.
Fonction curative pour les maux de militants inquiets, d’eux même et de ce qui se décide, se vote, et se décrète. Réflexion de qualité sur le pourquoi de la défaite.
Ah oui, j’aurais dû parler de comment François Hollande a demandé aux journalistes de s’éloigner de lui, alors qu’il pénétrait dans l’auditorium et que Ségolène Royal s’exprimait 20 mètres plus bas, pour ne pas faire d’image outre mesure, parce qu’il faut tendre l’oreille et écouter.
Ah oui, Ségolène a été applaudie fortement, mais je n’en dis pas plus sur le comment de la chose. Parce que malgré les nombreux absents, une bonne partie de l’intelligence du PS est restée, et présente ici.
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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.
12:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste, université d'été, la rochelle, ps, militant



