26.06.2007

Karoutchi, porte parole du Conseil Constitutionnel ?

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Le Conseil Constitutionnel peut-il ordonner au gouvernement de réformer la carte des circonscriptions ? Il semblerait que oui, à en croire Roger Karoutchi.

Il est drôle Roger Karoutchi. Pas à cause de son regard façon Droopy sous Lexomil, qui pourrait inciter à la comparaison avec Ken Livingstone. Non, ce qui est amusant chez le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, c'est qu'il semble s'être auto-proclamé porte-parole du Conseil Constitutionnel, quitte à exagérer quelque peu les pouvoirs des sages de la rue de Montpensier.

Hier soir, à la veille de l'ouverture de la XIIIè législature, il était interrogé sur Public Sénat par Pierre Sled, le  fameux journaliste sportif politique. Elément curieux pour l'un des meneurs de la campagne du "non" au traité de Maastricht, l'interview se déroule dans son bureau, sur fond de drapeaux européens et français, comme cela semble être la mode en ce moment ; mais des deux, c'est le drapeau français qui sort du champ des caméras, laissant au drapeau bleu à 12 étoiles -qui ne sera jamais reconnu comme symbole de l'Union européenne, voir ici, en page 16- le plus beau rôle.

Et là, au détour d'une question sur l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les prochaines élections législatives, que nous dit Karoutchi ? « Le Conseil Constitutionnel avait demandé avant les législatives qu’on procède à un redécoupage des circonscriptions (...). Nous sommes dans l’obligation pour les prochaines législatives de procéder à un redécoupage. » 

Pour les -désormais- onze sages potentiels, en voilà une bonne nouvelle. Jugez en sur pièces : plus la peine pour eux de demander à de multiples reprises la modification de la carte des circonscriptions, ses recommandations seront intégralement suivies par le gouvernement. Mine de rien, c'est un sacré scoop que Pierre Sled vient d'obtenir : Roger Karoutchi vient d'annoncer que son gouvernement serait dorénavant « obligé » par toutes les décisions du Conseil Constitutionnel.

Sur le fond, ne reste qu'à espérer que les recommandations (un dixième des députés élu à la proportionnelle avec deux voies possibles : sièges de la partie proportionnelle réservés aux partis "défavorisés" par le scrutin majoritaire ou répartis entre tous les partis ayant présenté des candidats) lancées en 1993 déjà par Georges Vedel et sa fine équipe trouveront enfin l'écho qu'elles méritent.

Et que les éventuels inquiets se rassurent. Le gouvernement ne rééditera les entourloupes exploits de Charles Pasqua en 1986 (1)  : « personne n'imagine qu'on va prendre des ciseaux » . Si Karoutchi le dit, on peut dormir sur nos oreilles.

 
NB : Pas de live blogging sur l'élection du président de l'Assemblée nationale cet après-midi pour cause de boulot, mais sans doute quelques commentaires ce soir. 

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(1) : dans le premier tome de ces mémoires, l'ancien ministre de l'Intérieur explique le principe qui l'avait guidé : « S’agissant de cette loi électorale et du remodelage des circonscriptions qu’elle organisait, je dirais qu’elle garantissait, en conditions normales de scrutin, un tiers des sièges à la droite, avec un petit avantage au RPR (ce qui correspondait au rapport des forces dans le pays), un tiers à la gauche, l’attribution du dernier tiers résultant de la glorieuse incertitude du vote »