11.09.2007

Mon samedi et mon dimanche à La Rochelle (un invité)

Du retard dans l’envoi de cette « carte postale ». Les militants socialistes ont leurs obligations de la semaine qui s’ajoutent aux quelques difficultés qu’il y a eu d’accéder à internet Espace Encan.

Après le ballet médiatique et les premiers ateliers du vendredi, qu’y avait-il d’à la fois important et intéressant à retenir de mes journées du samedi 1er et du dimanche 2 à La Rochelle ?

Désolé pour les militants socialistes « DSKiens » ou « soc-dem », ou les tout simplement intéressées par le courant « social-démocrate », je n’étais pas présent à la réunion du vendredi soir, salle de l’Oratoire, autour de Camba et Moscovici, où s’effectuait la présentation du manifeste de « Socialisme & Démocratie », destiné à peser sur la rénovation du PS (rendu public depuis ai-je lu). Non, j’ai opté pour un autre choix : l’invitation apparemment traditionnelle à dîner faite par « mon » premier fédéral. Difficile de ne pas honorer celle-ci. 

Le samedi a été, je pense, amplement repris par les radios, télévisions et quotidiens. «Où en est la gauche ?» est le titre de cet atelier du matin. La salle plénière qui donne sur le port est bondée ; la composition est, il faut le dire, alléchante. Les militants d’une part, les journalistes d’autre part, l’on bien senti. « Sur scène », Marylise Lebranchu, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg et Michel Rocard, entourés de Zaiki Laïdi, chercheur à Sciences-Po-Paris. Ah oui, pardon, et Julien Dray ! Tenez, avez-vous entendu J.D., vu des images de lui ? Certainement que non, et pourtant… Il était là ; à la gauche d’Arnaud. Il intervient sur la fin, pas de quoi retourner la salle. Auparavant, a-t-il écouté ses camarades ? Pas sûr, je l’observe tant ce qui ressemble à une absence, une présence uniquement physique est marquante. Je n’ai pas partagé, ni ses choix, ni ses paroles, lui qui a préféré abandonné son thème de travail et d’intervention majeur (la sécurité), mais j’ai de la peine à le voir, afféré à envoyer je-ne-sais-combien de SMS, comme pour tuer le temps. Et pourtant, sa première phrase, à la suite de Bertrand est simple et réelle « Je n’ai pas passé un bon été ». Le poids de la défaite, lui qui l’a vécue aux premières loges, certainement ; et je me pose une question, réélu parlementaire et possédant des responsabilités ou un poids de premier plan au parti, souffre-t-on de « révolte » comme tous les militants socialistes lorsque se succèdent les décisions et les déclarations de l’exécutif et de la majorité ? Si c’est le cas, sa phrase, qui pourrait être celle de tous les militants, n’est pas futile. Dans tous les cas, peu de personne ont du la relever…

Michel Rocard, hué la veille, se présente ; les quelques sifflets sont étouffés par les applaudissements. Son intelligence, son statut et ses actes de premier ministre et son retour de maladie, méritent bien qu’on l’accueille convenablement, et même chaleureusement. Mais, j’ai dans la tête les propos présidentiels tenus à HEC sur la « gestion des ressources humaines » au PS. Et, lui, va retourner la salle. Brillant, astucieux et sincère, en s’adressant aux journalistes, en leur promettant en substance du temps de réflexion et de travail collectif, peut-être moins attirant médiatiquement parlant. Ca tombe bien, il le redira, une bonne moitié du temps d’entretien qu’il aura avec Nicolas Demorrand, vendredi 7 septembre sur Inter. Un écho juste à ce que H. Emmanuelli avait dit la veille en ces termes (approchants) « Pourquoi chercherions-nous un pape si nous n’avons pas encore d’évangiles ? ».

Et Bertrand, l’homme de La Rochelle, salué par le JDD le lendemain. A la limite de la perfection. Orateur percutant, lorsqu’il s’attaque au discours de Dakar ou à l’idée d’opposition entre islam et occident, lorsqu’il joue, dans une approche plus interne, le rassembleur et le ni-éléphant, ni-jeune lion ambitieux, ou lorsqu’il apparaît à la fois comme le modernisateur et l’homme de convictions. Rassembleur en interne, brillant devant les Français et défenseur de certaines valeurs pour les Parisiens. Le tout salué d’une levée spontanée des participant(e)s au badge rose, avec certes quelques militants parisiens mais plus intelligemment placés toutefois que les pro-Ségolène la veille dans l’auditorium.

« Bertrand », l’homme au cœur d’une conversation avec une « camarade » parisienne plus tard, qui bataillait à la même époque l’année dernière pour la candidature de « Lionel ». Sympathique rencontre le samedi soir autour d’une bière sur le port de La Rochelle où l’on discute, en toute franchise, entre pro-DSK (moi) et pro-Fabius par défaut (elle) du 16 novembrei. Une conclusion s’impose à nous : quoiqu’on en dise, si la division entre pro-Ségolène (pas toujours appelée par son prénom par les pro-quelqu’un d’autre !) et les autres au sommet du parti a bien été visible en externe, elle est encore vive, dans les ressentiments et la suspicion, à la base. Triste constat que nous faisons. Et moi, en panne de « leader », m’interroge… Croire en DSK aboutira-t-il, après le travail de rénovation des idées, à croire en Bertrand Delanoë ?

La bataille des idées, celle du travail collectif pour être en mesure de gagner en 2012, c’est l’objectif que j’ai en tête en quittant La Rochelle, sous le soleil du dimanche après-midi. Discours de clôture dimanche matin. Le maire de La Rochelle, le premier fédéral local, une nouvelle élue de la Vienne, la remplaçante de Ségolène Royal à Melle et le président de la FESR se succèdent. Puis vient le jeune président du MJS ; apparemment marqué par la MJS party de la veille (où je n’étais pas puisque je n’avais le « bracelet » mais bien le « badge » rose ! ; puisque j’avais préféré de surcroît le resto voisin de celui où François et Ségolène se sont évitésii ), il fera un bon discours, un très bon discours même. Puis ce sera le dernier discours de La Rochelle de François. Moins caustique, moins drôle qu’à l’accoutumée pour celui qui aura tant de fois privilégier l’humour à la révélation de son intelligence et de ses états d’âme.

Ma Première Université d’été à La Rochelle s’achève, bien décidé à revenir l’année prochaine. L’envie de peser sur le travail collectif de réflexion. Une « contribution » sur un thème que je pense connaître (droits de l’Homme) dans le cadre du congrès ? J’y pense. Dans la poche, un numéro de téléphone du secrétariat national, celui du secrétaire de Adeline. Hazan, secrétaire nationale aux droits de l’Homme ; une personne à contacter.

Y a-t-il vraiment une place pour les jeunes militants désireux d’apporter leur modeste contribution dans cette bataille des idées ? Après La Rochelle, étrangement, j’hésite toutefois à répondre avec certitude par l’affirmative.

un invité, carte postale écrite samedi 8 septembre. 

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i Jour du vote des militants socialistes pour la désignation du candidat (en l’occurrence de la candidate) du PS à l’élection présidentielle.

ii Resto voisin où à trois tables, encore « Bertrand »; le samedi soir, c’est pour tout le monde, nous le laisserons dîner en paix et ne lui adresserons qu’un sourire, sans le déranger plus que cela.

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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.

02.09.2007

Mon vendredi à La Rochelle (un invité)

En parler vaut-il vraiment la peine ?

Fond de commerce. 7h30, alors que les journalistes répètent pour la x-ième fois que les "absents" du PS seront nombreux à La Rochelle, je découvre les charmes du port rochelais, café en main. Marie-Noëlle fait son entrée, à ses basques une journaliste de BFM TV. Ça sent la rentrée littéraire ; la critique interne des candidats du PS est une chose, en faire son fond de commerce une autre.
 
Dans la boîte. 14h30 le badge en main, retour sur l’esplanade. Espace Encan, Jean-Christophe Cambadélis, l’organisateur, a déjà fait son entrée. Les militants sont nombreux, première surprise. Les journalistes aussi, l’essaim se forme. Ségolène ? "Rocard", dit-on. On reconnaît Jeff Wittenberg, lunettes de soleil sur le front ou à la chemise. Des insultes montent, une consigne au JRI pour qu’il se retourne. L’image est bonne, semble parfaite pour le sujet du soir. Confirmation aux environs de 20h10, après les 10 ans de la mort de Lady Di, après la mort subite chez le sportif. 
 
 
Les autres "têtes" du PS arrivent. Ségolène. On verra la tête de Jean-Louis Bianco plus grand qu’elle, c’est tout. Puis Bertrand Delanoë, bien entouré aussi, plus discrètement toutefois.

Au travail. 16h15, auditorium. Jean-Christophe Cambadélis ouvre l’université d’été, terminant son intervention sur "les socialistes (qui) se remettent au travail". Et ils le sont, et le seront ! Mais les images n’en diront rien.

Des ateliers de qualité, sur l’individualisme avec Henri Weber, ou l’économie de marché et le socialisme, ponctués d’interventions de militants qui, telle "michèle delaunay, bordeaux" apportent leur modeste idée sur la manière de concevoir les politiques publiques face aux demandes catégorielles : une grille de lecture pour construire notre projet de 2012 et le réussir. Il n’y a pas de petites phrases, l’envie est là de réfléchir, de prendre à bras le corps les nécessités, de livrer la bataille des idées pendant 5 ans et de s’opposer.

Je retiens l’idée, convaincu que si La Rochelle n’est pas la montée des marches du festival, ce n’est pas toutefois le lieu le plus propice pour le nouveau venu que je suis.

Fonction curative pour les maux de militants inquiets, d’eux même et de ce qui se décide, se vote, et se décrète. Réflexion de qualité sur le pourquoi de la défaite.

Ah oui, j’aurais dû parler de comment François Hollande a demandé aux journalistes de s’éloigner de lui, alors qu’il pénétrait dans l’auditorium et que Ségolène Royal s’exprimait 20 mètres plus bas, pour ne pas faire d’image outre mesure, parce qu’il faut tendre l’oreille et écouter.

Ah oui, Ségolène a été applaudie fortement, mais je n’en dis pas plus sur le comment de la chose. Parce que malgré les nombreux absents, une bonne partie de l’intelligence du PS est restée, et présente ici.

un invité , carte postale écrite au matin du samedi 1er septembre

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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.

30.08.2007

Islington plutôt que La Rochelle ? (un invité)

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Demain, La Rochelle. Trois mille militants attendus. Trois mille personnes moins quelques unes, des personnalités les plus en vues étant retenues pour des raisons diverses ou apparentes. Certainement moins d’images médiatiques que l’année dernière : rénovation, refondation, et confrontation des idées seront-elles au cœur du programme ? 

 

Retour à l’intitulé de cette université d’été : diagnostic pour la rénovation. Pourquoi le PS a-t-il perdu ? Et comment ne pas renouveler cet exploit dans cinq ans ? Au vu du programme, l’analyse s’annonce sérieuse et intellectuellement intéressante, qu’elle soit faite par des élus ou responsables socialistes parmi les plus intelligents ou par des personnalités diverses de l’extérieur. Besoin d’autant d’ateliers pour cerner les causes de la défaite ? Je me pose quand même sincèrement la question…

Et l’avenir ? Se joue-t-il vraiment -ou même un peu- à La Rochelle ? Les militants, jeunes qui plus est, joueront-ils un rôle dans la réflexion collective des prochains mois ? Sera-t-elle une somme de tribunes ou de rebonds ? Passera-t-elle par le shadow cabinet et ses députés, plus nombreux que prévus ? Et les courants, auront-ils le poids qu’ils ont eu dans le passé ?

Ah oui, j’oubliais la fameuse question du leader : l’élection étant présidentielle, il nous en faudra un. Et s’il n’était pas encore connu ? Va-t-on aller le chercher dans une circonscription, un type brillant, nouvelle gueule, qui satisferait tout le monde ? Naïvement, cette solution me plairait bien. Ou subira-t-on le jeu des écuries ? Autre solution : un dîner au Granita d’Islington, entre deux quadras socialistes ?

Bref : si vous êtes imaginatifs et que vous préférez les questions aux réponses, votre place est au PS.

Pour les curieux : pourquoi La Rochelle, et ce depuis 1992 ? Parce que c’est une ville qui avait l’énorme avantage, outre d’être au bord de la mer, d’être dirigée par un élu membre du ... Parti radical de gauche : "A chaque fois qu’une ville socialiste était proposée, quelqu’un mettait son veto parce que le maire n’était pas de son courant" raconte un cadre socialiste dans Libé de mardi, se rémorant le choix de la ville.

un invité, carte postale écrite jeudi 30 août, avant de prendre la route de La Rochelle 

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A propos :
Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.

 

La Rochelle : carte blanche (ou presque)

La Rochelle, comme si vous y étiez. Mais pas de n’importe où.

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Pour ce long week-end de débats socialistes, je laisse carte blanche à un invité : depuis La Rochelle et son université d'été désertée, il enverra ici quelques cartes postales que je m'empresserai de commenter - ou non.

Ni live-blogging à proprement parler, ni blogueur accrédité : c'est un militant qui vous causera ici. Jeune, eh oui, mais pas adhérent au mouvement de Razzye. Plutôt nouvel adhérent, sans pour autant avoir payé 20 euros son adhésion.

Pour le reste des présentations, je lui laisse la parole.