18.06.2008
"L'UMP salut Reuters", et Frédéric Lefebvre a quelques problemes de conjugaison...
Tiens, vous vous souvenez du fight Frédéric Lefebvre versus Agence France Presse ? Figurez-vous que le député gominé des Hauts-de-Seine a remis ça, avec un communiqué diffusé hier sur le site de l'UMP : il y distribue un satisfecit à l'agence anglo-saxonne Thomson-Reuters pour sa couverture du livre blanc sur la défense, quand les affreux gauchos de l'AFP sont accusés de ne-savoir-rien-faire-que-de-relayer-la-bonne-parole-socialiste.
Vous je ne sais pas, mais moi je les comprends les petits gars du desk politique de l'AFP : se fader des communiqués pas français (des petits problèmes avec l'emploi de "ne", peut-être, Frédo ?), bourrés de fautes (ah, la "voie" étroite du chef du service politique), où même le titre comporte une énormité plus grosse qu'un éléphant dans un couloir, ... ça doit vite lasser.
Tiens, au passage, une question qui n'a jamais été posée : que pensent les différents ministres qui ont commencé leur vie professionnelle à l'AFP (dont le premier d'entre eux) de ces charges à répétion contre l'agence de la Place de la bourse, hum ?
22:37 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : presse, ump, lefevre, afp, reuters, agence france presse
16.02.2008
les degrés de lecture
Dumay, la voix des journalistes, le héraut de l’indépendance dressé contre l’appétit capitaliste, a été forcé de partir par les patrons.
Frédérique Roussel se prend pour Edwy Plenel. Et ne revient même pas sur cet éloge du conflit publié par l'ex-patron de la société des rédacteurs du Monde (SRM) dans l'une de ses toute dernière chronique hebdomadaire.
11:20 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le monde, libération, jean michel dumay, srm, mediapart, edwy plenel
27.11.2007
très distingué
un twitter acharné a relevé aujourd'hui ce message, posté sur l'un des groupes facebook consacré au CELSA, école de journalisme (entre autre), où étudiait Anne-Lorraine, tuée dimanche dans le RER D.
la classe Arnaud, vraiment. bon, cela dit, d'autres font bien pire, hein.
edit (28-11-07, 19h15) :
1.Le message d'Arnaud Comte posté ci-dessus a été effacé du groupe Facebook du Celsa, et c'est très volontairement que je le laisse ici.
2. On me souffle qu'un communiqué de presse, diffusé par le Celsa, implore les journalistes de ne plus essayer de rentrer en contact vec les étudiants de l'école de Neuilly.
3. Enfin, Koz s'est très justement ému des termes employés dans les liens cités à la toute fin de mon post - réciproquement issus du blog de l'un des rédacteurs en chef du magazine Valeurs Actuelles, et d'un "hommage" de Minute. Si Frédéric Pons, de Valeurs Actuelles, a retiré son billet, le site qui le reproduit et vers lequel je renvoie n'a pas agi de même.
edit 2 (30-11-07, 14h15) :
Je reçois aujourd'hui ce mél d'Arnaud Comte :
Le 30/11/07, arnaud.comte <arnaud.comte@....> a écrit :
http://hemicycle.hautetfort.com/tag/arnaud+comte
Le contenu de ce lien internet contient des données personnelles et des accusations discriminatoires.
Je vous demande donc de retirer votre post sans quoi je me réserve le droit d’éventuelles poursuites.
Cordialement,
Je masque le numéro de téléphone bien volontiers. Mais rien, strictement rien, n'est « discriminatoire » dans ce post.
Pour le reste, Arnaud, si tu veux qu'on en cause, expliquer les méthodes de travail des faits-diversiers de france2, les commentaires te seront toujours ouverts.
Bien à toi,
19:15 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rer D, celsa, journaliste, france2, arnaud comte, sans gêne
12.09.2007
Ma vie en 2.0
Comment, j’ai renoncé à devenir base-logistique-distributeur de flyers-démarcheur-correspondant local pour citycampus.fr, pour moins de 300 euros par mois en CDD.
Le rendez-vous était fixé à 11 heures, j’ai beau arriver pile à l’heure, je suis l’un des derniers. Trois heures plus tard, je suis le premier à sortir. Entre deux, j’ai refusé une offre d’emploi en CDD pour un site proam. Motivé à l’idée d’afficher sur mon CV une première expérience de journaliste web, j’en ressors atterré par le constat : entrepreneurs du net et journalistes, même pas bornés, ne parlent décidément pas la même langue. Et c’est bien dommage.
Retour sur les faits. L’histoire débute par une offre d’emploi, repérée ça et là. Journalisme et internet, implication dans la vie culturelle et étudiante locale : le profil me convient, la perspective d’arrondir les fins de mois est séduisante sinon nécessaire. Mi-août, je passe un (long) entretien, dans les locaux du club de la presse de ma capitale de région. Quelques semaines plus tard, me voilà convoqué pour deux journées de formation à Paris, dans les bureaux de citycampus. L’adresse dans le VIIIè sonne agréablement à mes oreilles de provincial, monté pour un mois de stage à la capitale.
Le miel et les abeilles. Il fait de plus en plus chaud et le café offert en arrivant m’a donné soif. Il n’y a pas d’eau. Pas de pause cigarette, non plus. C’est au tour de la rédactrice en chef de parler. D’abord, la ligne éditoriale. Des dossiers pot-à-miel à étudiants (« la collocation »), cinq « fils rouges » (infos pratiques sur la vie étudiante, culture, web, écologie-développement durable, solidarité-initiative citoyenne). Rien de révolutionnaire, mais rien de profondément rebutant. Dans ma tête, je fais le tour des amis, même et surtout ceux perdus de vue depuis un moment, dont j’imagine éventuellement dresser le portrait. Bref, je m’y vois plutôt bien, dans mon poste de «correspondant local campusnews/citycampus».
- 5 articles, soit au moins 10 000 signes ;
- 12 brèves, soit au moins 12 000 signes ;
- 40 évènements à l’agenda, dont 12 commentés : 5000 signes.
18:55 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, citycampus, campusnews, startup
25.08.2007
Le Parisien, Michel Rocard et le Conseil Constitutionnel
Interview de Michel Rocard, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France de ce samedi. Comme il s'agit du Parisien, pas question pour lui de ne parler que de politique étrangère, contrairement à cette tribune récemment publiée dans un quotidien écossais - signalée chez l'excellent koz, elle accessible ici pour ceux qui sont prêts à un abonnement annuel d'un montant de 30£ sterlings, là pour les autres.
Un tâcle sur les partis politiques - "dans la déshérence de la gauche française, il faut des lieux où on pense et cela ne peut pas être dans les partis. (...) On ne peut pas réfléchir dans des conditions soumises à des votes" -, une pique forcément relevée sur "le PS français (qui) n'est plus pour un paquet d'années en situation de gouverner", une longue sortie sur "le Monopoly mondial" auquel il faut des "réponses (...) totalement nouvelles" : Rocard n'abandonne aucun de ses dadas habituels.
Mais il y a une curieuse question, tout de même, dans cette interview d'une demi-page. Sur la situation politique française, Philippe Martinat lui demande : "le PS a-t-il eu raison d'inciter le Conseil constitutionnel à censurer la promesse de Nicolas Sarkozy sur les intérêts immobiliers ? " Et Rocard de répondre par l'affirmative, sans s'éterniser, mais en se payant le luxe d'une pique de plus : "ça ne fait pas un projet de société...", lâche-t-il.
Problème (je radote) ? Si le PS est bien l'auteur de la saisie du Conseil constitutionnel sur l'ensemble du TEPA, il n'a soulevé aucune remarque particulière sur son article 5, relatif aux prêts immobiliers. Moi je vous le dit : un Michel Rocard qui ne relève pas ce genre de détail, c'est un Michel Rocard qui vieillit. Et ce serait dommage.
Réponse demain ?
(photo : AFP/Keystone)
18:15 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rocard, le parisien, tepa, conseil constitutionnel, parti socialiste
22.08.2007
Connaissez-vous, ne serait-ce que de nom...

Oui mais voilà, il y a un hic, que Renaud Dély ne manque pas de soulever dans son article d'analyse. Le bon score de DSK tient à son plebiscite ... par les électeurs de droite. Chez les sympathisants de gauche, Ségolène Royal est encore au coude à coude avec lui (24 %, balle au centre), le devance même chez les sympathisants socialistes (31 % contre 27%). Autant dire que Ségolène Royal est loin d'être sur la touche, elle qui, dimanche, confiait au JDD être "définitivement délivrée de l'amertume", tout en s'apprêtant sortir un livre intitulé L'étrange défaite.Au-delà, quelques points intéressants dans les réponses aux trois questions posées :
- Olivier Besancenot truste une troisième place qui, personnellement, me laisse pantois. Comment, dans le même temps, réclamer de la gauche qu'elle "élabore des programmes clairs" (première priorité, sympathisants de gauche ou socialistes et ensemble des Français pour une fois confondus), et plébisciter le représentant de la LCR ?
- Les Français attendent des socialistes qu'ils "acceptent" "le système économique actuel" plutôt qu'ils ne le "contestent" (15% contre 10%), les sympathisants de gauche pensent l'inverse (12% pour l'acceptation, 17% pour la contestation), les sympathisants socialistes sont paumés (13% pour l'acceptation, 14% pour la contestation) : les mecs, si vous comptiez sur les sondages pour déterminer votre position, c'est râpé, il va falloir vous creuser un peu les méninges.
- Et puis il y a cette surprise : Razzye Hammadi est le plus connu d'une nouvelle génération pour le moins hétéroclite (le sondage mélange Peillon, Boutih, Valls, Hammadi). Contrairement à ce qu'écrit Renaud Dély, il faut sans doute creuser un peu loin que "l'effet Toulon" pour expliquer la performance du leader MJS, qui arrive en tête à la question "Connaissez-vous, ne serait-ce que de nom ... ?", avec un taux de notoriété de 39%. Le sondage a été réalisé les 17 et 18 août, soit avant l'excursion varroise de François Hollande et Razzye Hammadi - l'après-midi du 18.
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Sans rapport, dans ce même numéro de Libé, Didier Pourquery signe son premier éditorial. Sans s'éloigner du Sarkozy bashing attrape bobo, ses critiques de la mal législation font du bien.
14:50 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Libération, parti socialiste, Dominique Strauss Kahn, DSK, Ségolène Royal
18.08.2007
La PQR, du mieux ?
Le Conseil d'État confondu avec le Conseil constitutionnel, un innocent présumé qui devient coupable. Même si, dans son traitement des faits-divers, la PQR tente de relever la barre, elle regorge encore de ces erreurs qui hérissent le poil, et donnent envie de passer son chemin.
C'est un article exhumé, sorti d'archives que l'on suppose poussiéreuses. De ceux que l'on rêve de ne plus jamais lire, de ceux qui font mal au ventre. Adjectif après adjectif, ligne après ligne.
Le site internet de La Voix du Nord a sauté sur "l'enlèvement de Roubaix" (la barette qui court en haut des trois premières pages du quotidien version papier depuis deux jours) pour proposer un contenu exclusif (dans un dossier étonnamment rangé sous le mot-clé "culture", passons). Une copie de l'article, qui, en 1989, rendait compte du procès qui a conduit les jurés de la Cour d'assises du Nord à condamner Francis Evrard à une peine de 27 ans de prison ferme, assortie d'une mesure de sûreté des deux tiers. Francis Evrard ? Mais si, voyons. Mercredi 15 août, il a a été retrouvé avec un petit garçon dans un garage de Roubaix, un mois tout juste après sa sortie de la prison de Caen, où il venait de terminer de purger sa peine.
Passons sur le style épouvantable, la multiplication des jugements de valeurs qui n'ont pas grand chose à faire dans un compte rendu d'audience, les contradictions. Ce que je retiens, c'est cette manière de réduire l'argumentation de la défense à néant avant même la fin du premier paragraphe, et surtout d'épouser "l'implacable" réquisitoire de l'avocat général. Le qualificatif employé dans la courte citation attribuée au parquet -"ignoble"- est précisément celui que l'on retrouve à plusieurs reprises sous la plume du journaliste - "actes pervers et ignobles", "son ignoble comportement".
Depuis, La Voix du Nord l'assure, tout a changé dans sa manière de traiter les faits divers. Sa charte éditoriale renouvelée (un gros pavé de 230 pages imprimées sur papier glacé et qui a poussé le mimétisme avec un mémoire étudiant jusqu'à en conserver fautes de frappe et d'orthographe) a été rédigée en 2006, lors du passage du quotidien au format tabloïd, en même temps que l'audition du rédacteur en chef et de deux faits-diversiers par la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau. A l'entrée "Les principes" dans la rubrique Faits divers / justice, elle plaide pour une "exigence très forte dans ce domaine (...) priorité pour notre journal", rappelle la nécessaire "connaissance de la loi, (l')écriture rapide, précise et rigoureuse", et décrit des journalistes qui se doivent d'être "extrêmement attentifs au principe de présomption d'innocence".
Alors, cet "enlèvement de Roubaix", l'occasion de ne pas répéter les erreurs du passé ? A voir.
Hier vendredi, ça commençait plutôt mal. Dans la rubrique "Le temps fort", le chapô affirme qu'"il y a une semaine, le Conseil d'Etat validait la loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs". Manque de bol, le Palais Royal a beau abriter à la fois Conseil d'Etat et Conseil constitutionnel, ce n'est pas le premier qui, jusqu'à preuve du contraire, peut être saisi par plus de 60 députés ou sénateurs pour examiner la constitutionnalité d'une loi et rendre des décisions attendues. Bref, pour la connaissance sinon des lois, au moins de la procédure législative, on repassera.
Du mieux sur le respect de la présomption d'innoncence, peut-être ? Pas franchement. Cette fois, c'est un article daté d'aujourd'hui samedi qui la fout mal. Sous le titre "Une médaille pour ceux qui ont aidé à retrouver Enis", voilà le quotidien qui juge Francis Evrard "coupable". Si, si, avant le tribunal correctionnel ou, plus vraisemblablement, la Cour d'assises du Nord, La Voix du Nord a rendu son verdict : "Xavier (l'un des deux médaillés, le conducteur de taxi) a conduit le coupable à deux reprises dans la journée de mercredi, dont une avec Enis."
Dans les deux cas, les articles sont balancés, réfléchis, ne sombrent pas dans le sirupeux. Bref, ils n'ont rien à voir avec le tissu de préjugés de 1989. Mais trouver de telles énormités a de quoi hérisser le poil. La PQR, du mieux, vraiment ?
(rien à voir, i'm claiming for myself : Technorati Profile)
12:45 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Enis, Roubaix, récidive, présomption d'innocence, journalistes, PQR
05.08.2007
Apéritif
En attendant un retour aux programmes normaux sur ce blog, voici un extrait du jité de France 2 de ce soir, idéalement rafraîchissant pour cette belle et chaude soirée d'été. Tous mes remerciements à Marion Pillas.
Alors d'accord, Marion, je suppose que les images ont été reçues tard. Que tu n'as eu que peu de temps pour écrire ton commentaire, peut-être, même, mixais-tu le sujet en direct. Si ça tombe, d'ailleurs, tu avais écris "la capitale dalmate" dans tes notes, et puis, comme il y avait plein de ratures à cet endroit là, et dans la précipitation, tu as lu "croate". Bref, je ne te jette pas la pierre, d'autant que tout le monde est faillible, non mais. Mais ça m'a bien fait rire.
22:20 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jité, jt, france 2, 20 heures, dubrovnik, capitale, croatie
30.07.2007
La salle d'attente
- J’ai vu, dans Match …
- Quoi, parce que tu lis Paris Match, toooâââ ?
- Oui, enfin, c’était dans la salle d'attente, chez le dentiste … (1)
Michel Rocard, ancien premier ministre et plus récemment miraculé de Calcutta, signe un retour cette semaine, dans les colonnes de Paris Match. Acide mais lucide, à contre-courant des nostalgiques aigris, il est toujours aussi indispensable. Dans une démarche très marketée, Paris Match diffuse, sur son site internet, une interview vidéo (2) de l’ancien Premier ministre. L’article papier n’est pas disponible en ligne, la vidéo tient davantage du teasing bas de gamme que du supplément d'information.
Précisément, le soucis, c'est que, version internet, le célèbre "poids des mots, choc des photos" connaît quelques ratées. S’il n’y a pas de problème pour les photos (les voyeurs seront sans doute déçus par un Rocard qui ne porte ni cicatrice, ni pansement voyant), les mots laissent à désirer. Voir Rocard avertir qu’"il n’y aura pas de reconstruction sans qu’on pense", torse nu avec une serviette de bain à proximité, c’est quand même un peu léger, non ? Et cette voix féminine qui semble traduire (de français à français) la première question posée, rendant inaudible la réponse de Rocard ... ? Et ce montage qui fait se succéder Rocard habillé, Rocard torse nu, Rocard habillé, Rocard torse nu ... ? Manière subliminale de nous faire comprendre qu’il devrait aller se rhabiller, papy, ou simple erreur de monteur stagiaire ?
En fait, cette vidéo est surtout une illustration de ce hic que Rocard souligne avec plaisir. Vous autres journalistes, "vous ne savez pas comment nous traiter quand on n’est de simples fournisseurs d’idées", voilà l’accusation. Et il a raison Rocard. Encore une fois. La preuve. Pour qu’on le laisse dire ça, il a fallu qu’il s’exhibe, montre son crâne dégarni, son corps vaguement ragallardi. Et ces images, voilà ce qu'on retient, plus que ce qui est dit.
Je lis en ce moment Si la gauche savait, son livre d’entretiens avec George-Marc Benamou. Dans sa nouvelle édition augmentée, il livre quelques réflexions sur le début de la campagne présidentielle de 2007. Sans surprise, il est proche des critiques d’un Bayrou sur des médias responsables de la pauvreté du débat politique. Mais il va plus loin. L’ancien candidat à la présidentielle qu’il fut en tire la conclusion que l’élection au suffrage universel direct du Présdient de la République n’est sans doute pas "la plus grande innovation politique du XXè siècle" chantée par certains. Penser contre soi-même, ne pas avoir peur d'évoluer, ce n'est pas un retournement de veste, sans doute la seule manière de faire avancer la réflexion en politique.
Ah oui, j’oubliais Michel. Pour intervenir dans le débat sans être obligé de poser à poil, et permettre aux lecteurs de contourner l’alibi de la salle d’attente, il y a un moyen très facile. Lis donc des billets qui s’attachent aux idées sur des blogs, comme ici où l’on parle de toi, d’ailleurs. Et puis je suis sûr que Versac serait ravi de t’aider à faire un retour, un vrai, sur le net, lui qui semble porter une attention particulière aux vétérans de la Vè République. Parce que, tu le sais mieux que personne, la gauche ne sait pas encore.
(1) : variante : chez le coiffeur
(2) pour la vidéo, je vous recommande de vous dépêcher, je crois qu'elle ne restera pas très longtemps en ligne sur le site de match, et l'hebdomadaire d'Arnaud Lagardère ne semble pas encore complètement converti au partage vidéo.
(photo : capture d'écran, parismatch.com)
12:55 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, rocard, michel rocard, paris match, parti socialiste, ps, élections
19.07.2007
Killed Bild, Libé sauvé ?
Il arrive en jean, sa poche arrière est déformée par un portefeuille, une petite chaîne argentée l'accroche à sa ceintue. Il a le crâne complètement dégarni, parle fort et vite, accent du sud ouest prononcé. Il fait des grands gestes. Puis trace un schéma qui "résume tout ce qu'est un nouveau journaliste". Il l'a griffonné dans le train qui l'a amené. Gestionnaire de contenus-traducteur-reporter, le journaliste doit être multicompétent, spécialiste en rien mais dilettante de talent, se garder de l'expression de toute opinion. Et, surtout, "écrire pour ses lecteurs, pas pour les autres journalistes". Les 37 journalistes qui sont sous ses ordres, dans les dix plus grandes métropoles françaises sont "interdits de Clubs de la presse", parce qu'ils "n'ont pas vocation à devenir des notables locaux". Leur job ? "Courir. Ils courent toute la journée."
A l'époque, Didier Pourquery est encore directeur de la rédaction de Métro. Dans une petite salle, il fait face à des étudiants qui, pour certains, deviendront journalistes. Il n'aime rien tant que le contact, apostrophe vertement ceux qui voient en lui le fossoyeur de la presse "à la française". Il raconte les bras de fer avec les ouvriers du syndicat du Livre quand Métro est arrivé en France, les bouclages et les distributions sous la protection de CRS. Dans cet océan de certitudes, c'est tout juste s'il confesse, de temps en temps, être saisi d'un doute. Mais il s'en fout : ces rares fois où le découragement se pointe, il a un truc. Ligne 1 le matin, station Défense, regarder les costumes cravates bien peignés qui "font la démarche" d'aller chercher dans les présentoirs verts le journal gratuit qu'il dirige : voilà qui le convainc qu'il a bien fait de participer au lancement du premier gratuit en France.
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Quelques mois plus tard, le même homme. Même type de public, mais une carte de visite un peu différente en poche. Didier Pourquery a été débauché par le groupe Axel Springer pour plancher sur le projet d'un Bild à la française. Le portefeuille et la chaîne ont disparu, pas l'accent ni le jean, encore moins le goût du contact. On le présente comme ancien de Libé, du Monde, de Métro. Il s'agace : "Mais je suis aussi passé par Gala et Voici, et j'en suis fier, je ne comprends pas pourquoi devant certains publics on paraît comme gêné de le dire." Pour le reste, le discours est encore un peu plus musclé. Les quotidiens classiques "oublient leurs lecteurs" ? La seule solution, c'est de tout chambouler, créer un nouveau titre qui permettra de faire évoluer les mentalités. Toute réforme de l'intérieur serait impossible.
A force de l'entendre tout remettre en question, nier la possibilité de réformes, on le prendrait presque pour un vieux maoïste. Il désapprouve. Pour lui, le Bild français permettra de sauver la presse écrite, un point c'est tout : voilà qui le convainc qu'il a bien fait de participer au lancement du nouveau quotidien populaire payant en France.
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Axel Springer jette l'éponge le 5 juillet, le Bild français ne se fera pas. Didier Pourquery au chômage ? Allons bon. Huit jours plus tard, c'est le nouveau directeur délégué de la rédaction de Libération. En 2005, dans un chat sur nouvelobs.com, il avait évoqué le quotidien de la rue Béranger.
J'ai commencé à travailler dans ce journal, c'est grâce à lui que je fais mon métier et j'ai confiance dans le "code génétique" de ce quotidien. Il peut être un beau journal intellectuel, de grand reportages, de bonnes enquêtes, de débats et de tendances. Il a tout pour réussir sur le créneau du magazine quotidien exigeant. Il faut simplement qu'il surmonte sa crise de management actuelle et puisse vaincre certains de ses vieux démons (confondre exigeance et méchanceté, par exemple ou se complaire dans la haine de soi, mais bon, ce que j'en dit...).
Laurent Joffrin est ravi, mais devra encore compléter sa dream-team, avec le départ annoncé de Renaud Dély, l'un de ses adjoints actuels vers Le Parisien. En attendant, selon lui, la véritable plus-value Didier Pourquery, ce sont "ses connaissances marketing pour que le contenu corresponde à notre lectorat". Il le dit, dans un article de 20 minutes, avant de préciser : "Nous nous préoccupons beaucoup plus qu’avant de l’effet de nos unes sur les ventes. C’est une nouveauté sur laquelle nous travaillons déjà depuis plusieurs mois. Et évidemment, la baisse de nos ventes reste une priorité." Didier Pourquery va avoir son mot à dire : voilà qui le convainc de sauver le soldat Libé.
Et moi d'attendre avec beaucoup d'impatience la nouvelle formule de la fin septembre.
(photo : nouvelobs.com)
07:00 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pourquery, Didier Pourquery, Libé, Libération, Métro, journalisme, presse



