16.11.2007
Il est (déjà) mouru, hémicycle ?
Vous êtes plusieurs à m’avoir interrogé. En commentaire, par mail, quelques uns de vive voix. Fini, hémicycle ? Non. Ça ne fait que commencer. Une législature, c’est une législature, et mon intérêt pour la politique ne va pas aller en mollissant.
Simplement, des questions autrement plus matérielles m’ont fait décrocher du fil AFP et des jités. Version courte, ça peut donner ce billet d’Emmanuel Parody, qui raconte son étonnement lors de la rentrée du CFJ (la grande école de journalisme de Paris, blablabla). Sachez que la même scène s’est répétée, un peu plus au nord (dans l’autre grande école, blablabla) moins d’une semaine plus tard - à ceci près que Netvibes squattait déjà bon nombre des pages d’accueil de nos navigateurs.
Version un chouilla plus détaillée, ça donne ceci : pendant deux jours, nous autres vingtenaires, avons vu tout ce que le web compte de trentenaires (parfois un peu plus) chefs ou aspirants-chefs des « rédactions web » (j'aime ce terme générique, comme si bosser sur le net, c'était partout pareil). Augustin Scalbert, pour rue89, Benoît Raphaël du côté du Post, Emmanuel Parody pour Les Echos (Cnet désormais), Célia Mériguet, redactrice en chef adjointe du monde.fr.
Du coup, mes interrogations, vous pouvez les imaginer. Elles sont -hélas- très matérielles, puisque l'envie de bosser sur web, elle, est bien là.
Des « rédactions web » embaucheront-elles d’ici quelques mois ? Dans quelles conditions ? Pour quel métier ? Faut-il vraiment jeter le bon vieux papier, lui qui a au moins le mérite de conserver un semblant de convention collective - de peur de donner des idées à des employeurs potentiels, je tairais la rémunération d’un journaliste chez rue89, encore inférieure à celle d’un CDD chez Libé ? Attendre un peu pour le multimédia, et préférer tenter de frapper aux portes (plus que bouchées) de l’AFP, de Reuters ?
Bref, je vous épargne la suite. Vous l’aurez compris, ça phosphore, ça cogite, ça s’entrechoque dans la caboche.
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Et hémicycle, là-dedans ? On est bien d’accord, ça n’a pas grand chose à voir. Je n’écris pas ici comme apprenti-journaliste ou journaliste, encore moins en tant qu'aspirant-éditorialiste. J’écris en bouffeur acharné de politique (et de politique sur le net), trop souvent tenté de causer journalisme.
L'élément déclencheur de cette réflexion, c'est le faire-part de décès officiel du « blog de journaliste » (AOC David Carzon). Si j’ai d'abord envisagé une note, sur le mode, « non, le blog de journaliste n’est pas mort » (qui aurait parlé de Jean-Dominique Merchet, de Quatremer, et de Pascale Robert-Driart, par exemple), je me suis vite ravisé. J'ai compris qu’effectivement, tant qu’on ne s’appelle pas Merchet, Quatremer ou Robert-Driart, tant qu’on ne maîtrise pas une matière aussi bien qu'eux -on dit "rubricart", dans le jargon-, être journaliste ou apprenti, plombier ou charcutier, ne change rien à l’affaire : on est un blogueur. Point à la ligne.
Voilà : c’est donc pour ne pas inviter trop souvent par ici journalisme, 2.0, et autres choses du même acabit, que j’ai gardé le silence ces dernières semaines. Parce que ces considérations-là, aussi omniprésentes soient-elles dans ma vie de tous les jours, n’intéressent que moi – et, éventuellement, ceux qui partagent ma situation.
Ma boucherie à moi, c'est le journalisme - sans doute sur le net, mais on verra. Hémicycle, c'est du blog, de la politique, et ça n'a rien à voir avec une boucherie. Et si je blogue un jour sur l'envers du journalisme ou du 2.0 (hypothèse haute -hh), ou sur les errements d'un jeune journaliste (hypothèse basse -hb), j'espère bien qu'on me l'aura demandé (cas de figure hh), ou je le ferais de toute façon ailleurs (si hb).
Voilà, c'était les quatre paragraphes d'une clarification non demandée, mais qui finissait par me turlupiner tant qu'elle m'empêchait de me mettre au clavier.
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Dès que, sur l’actualité parlementaire (ou politique, on s'entend), j’aurai quelquechose sortant des sentiers battus à signaler, soyez sûrs, ça reviendra par ici. Alors bien sûr, j’aurai perdu un paquet d’entre vous en route. Mais les intéressés pardonneront ces semaines sans billets. Celles passées, et celles qui viendront.
14:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, web2.0, participatif, écoles, rue89, Le Post


Commentaires
Prenez votre temps, rien ne presse. Du moment que la qualité est au rendez-vous (ce qui est généralement le cas ici), vous resterez dans mon agrégateur. Bon courage pour le reste !
Ecrit par : c0wb0yz | 16.11.2007
OK avec Cowboyz.Se laisser gouverner par l'audience à conserver n'apporte rien de bon.
:-)
Ecrit par : Boréale | 17.11.2007
Très intéressant. Si tu veux,; je t'invite à publier chez moi le billet réponse à David, non que tu n'aies pas le temps oiu quoi que ce soit.
Concernant le blog d'apprenti journaliste, je peux t'annoncer une chose (que tu sais mieux que moi) : il n'est pas né. Je connais peu de monde dans des rédac webs de grands quotidiens et nouveaux media machinpârticipatifs qui en aient tenu avec du talent (un au figaro, juste).
Mouline cette passion, gamberge la. Poste, balance. C'est que du bon, coco.
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(sinon, certes, si t'es pas quatremer, t'es pas forcémùent la star, mais c'est aussi ça, être journaliste : ne pas être une star)
Ecrit par : versac | 17.11.2007
Salut Hemicycle !
Ton blog est sélectionné pour le concours que j’organise “les 10 merveilles du Oueb”.
www.toreador.fr/2007/11/2...
Si tu pouvais faire un petit billet, ce serait sympa. Et à tous, déplacez vous pour voter !
Ecrit par : toreador | 23.11.2007
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