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27.09.2007

filouterie

Où comment, pour cause de désertion massive, les députés UMP finissent par régler leurs comptes en pleine séance, votant au passage un texte en contradiction avec un protocole onusien.

Comme prévu, petit passage par l’Assemblée nationale mardi soir, le temps d’une (courte) séance vespérale. Après la visite d’un local à poubelle non éclairé suite à une erreur d’ascenceur, je choisis la table portant la plaque « Progrès du Lyon » pour déballer cahier, crayon, et quatre collections d’amendements sur le projet de loi instaurant un Contrôleur général des lieux de privation de libertés (CGLPL pour les intimes). Il n’y a pas grand monde dans les gradins du public au premier (une seule loge ouverte), je suis seul au second.

Il est 21h45, Catherine Génisson (PS) s’installe au perchoir, aidée par l’huissier préposé à la manœuvre du siège (il y en a un). La séance reprend. Les bancs de droite sont peu remplis, ceux de gauche carrément désertés : une petite dizaine de députés a fait le déplacement. L’orateur, pour le parti socialiste, c’est Jean-Jacques Urvoas. Lui qui se plaignait il y a peu du manque de sérieux des parlementaires est servi : ses collègues lui laissent se faire les dents. Vaillamment, il défend amendement sur sous-amendement. Pendant ce temps, Rachida Dati papotte avec son voisin Karoutchi, boit un café (servi à 21.58, débarassé à 22.18), regarde ses talons. Et se contente d’aggriper le micro à chaque fois que son avis est requis. «Défavorable» marmonne la garde des sceaux, suivi d’un «Madame la présidente» à peine audible.

Bref, pendant une bonne heure, il ne se passe rien, ou si peu. Le gros des articles a déjà été examiné lors de la séance de l’après-midi. Le seul point qui pose vraiment question est celui de la levée du secret-défense, et du secret-médical au profit du futur CGLPL, et, a priori tout va bien dans le meilleur des mondes pour la ministre de la Justice et son texte « humaniste ». Oui mais voilà. Un peu plus tôt dans l’hémicycle, un drame (tout relatif) s’est joué contre Rachida Dati.

d055e9b06351ac68278d58924d4305fa.jpgSouvenez-vous. Mardi, un peu avant l’ouverture des débats, je vous avais parlé d’un certain amendement n°57, déposé par Françoise Hostalier, députée (UMP) de la 15ème circonscription du Nord. Hostalier, la godille, visiblement, ça ne lui dit rien. Elle, a su lire le Protocole facultatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de l'ONU, texte à l'origine de la loi française. Elle, a bien compris ce que Rachida ne veut toujours pas admettre. Toute restriction au droit de visite du CGLPL sera en contradiction avec l’article 14 de ce fichu protocole. Logiquement, donc, elle bataille contre le rapporteur, contre la garde des sceaux, et défend son amendement, qui propose de supprimer l’alinéa 2 de l’article 6 de la loi.

Et figurez vous que, peu avant 20 heures, son amendement a été voté. De source bien informée, il se murmure que les députés UMP de permanence auraient eu un moment d’égarement : sans doute désireux de ne pas manquer une minute des journaux télé du soir, ils se sont retrouvés en infériorité numérique face à leurs collègues socialistes. Résultat, quand l’amendement de Françoise Hostalier a été examiné, il a été … adopté.

Extraits de la discussion : 

Mme la présidente : Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 57, 66 et 87.

Mme Françoise Hostalier : L'amendement n° 57 vise à supprimer l'alinéa 2 de l'article 6, qui évoque explicitement diverses conditions qui pourraient permettre d'exclure, d'interdire ou d'empêcher les visites du Contrôleur général. Ces mesures restrictives sont contraires à la mission que celui-ci devrait pouvoir remplir librement.

Mme la présidente : La parole est à M. Michel Vaxès, pour soutenir l'amendement n° 66.

M. Michel Vaxès : L'amendement n° 66 vise lui aussi à supprimer l'alinéa 2 de l'article 6 (…). Pour refuser cette suppression au Sénat, vous avez fait valoir, madame la garde des sceaux, le Protocole facultatif à la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Or les restrictions aux visites prévues par le Protocole ne concernent que le sous-comité pour la prévention de la torture, et non le Contrôleur général, dont la liberté d'action n'est nullement limitée. C'est d'ailleurs pourquoi nous demandons la suppression de l'alinéa 2, qui a conduit du reste les sénateurs à demander eux-mêmes une nouvelle délibération sur l'article 6, estimant que les explications données tant par le rapporteur que par Mme la garde des sceaux n'ont pas de fondement. Nous souhaitons donc que le principe du libre accès commande le texte dans son intégralité.

Mme la présidente : La parole est à M. Jean Jacques Urvoas, pour soutenir l'amendement n° 87.

M. Jean Jacques Urvoas : (…) De deux choses l'une : soit la mission du Contrôleur est bien, comme l'affirme notre rapporteur, de prévenir d'éventuels abus qu'un milieu fermé peut favoriser et de lever la suspicion concernant les conditions de traitement des personnes enfermées, et, dès lors, sa liberté de mouvement ne peut être entravée et il convient de supprimer cet alinéa ; soit la vocation du Contrôleur général n'est que d'entretenir un dialogue avec les administrations, et alors nous sommes loin de l'esprit du Protocole facultatif.

Mme la présidente : Quel est l'avis du Gouvernement ?

Mme la garde des sceaux : (…) Si on a prévu de telles précautions, c'est parce que les mutineries peuvent être très graves. Il y a des blessés très sérieux parmi les membres du personnel. Pour le Contrôleur, ce n'est alors peut-être pas le meilleur moment pour effectuer sa mission. (…) C'est pourquoi nous avons souhaité que le Contrôleur puisse différer sa visite, peut-être pour quelques heures seulement, en de telles circonstances, à charge pour les autorités de le prévenir immédiatement lorsque sa venue redevient possible. (…) C'est pourquoi nous sommes défavorables à ces trois amendements. (…)

Mme la présidente : Je mets aux voix par un seul vote les amendements nos 57, 66 et 87.

(Ces amendements sont adoptés.)

L’AFP, au taquet, balance une dépêche titrée "L'Assemblée permet au Contrôleur de visiter les prisons sans restriction" à 21h31.
En début de soirée, l'Assemblée a créé la surprise en décidant, contre l'avis du gouvernement, de lever toute restriction au droit de visite du Contrôleur, avec la suppression de la possibilité pour les autorités pénitentiaires de reporter une visite pour "des motifs graves".

Mais Rachida Dati et ses soutiens parlementaires n’ont pas dit leur dernier mot. Dans leur botte secrète, ils ont encore une carte à abattre. Une fois tous les amendements examinés, alors que les horloges indiquent bientôt 23 heures, une seconde délibération (voir ici, l'article 101 du règlement de l'Assemblée pour les explications) va être demandée sur l’article 6. Et c’est là que la filouterie pointe le bout de son nez.

C’est Jean Gaubert qui, le premier, sonne la charge contre le gouvernement :

Deux observations sur cet amendement.

Premièrement, je l’ai vérifié, monsieur le rapporteur, la commission des lois n’a pas été réunie. Je ne comprends donc pas comment vous pouvez, prétendre soutenir cet amendement au nom de la commission des lois qui, si elle s’était réunie, aurait très pu s’en tenir à ce qui a été voté cet après-midi. En votre nom personnel, ce serait différent.

Deuxièmement, je constate que cette seconde délibération aura au moins eu le mérite de remobiliser le groupe UMP, plus étoffé que cet après-midi. (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)


Puis, très vite, Hostalier s’associe à ses remarques, en des termes, disons … moins juridiques, plus émotifs, bref, dans des termes qui sonnent vrais, tout simplement :
Madame la présidente, madame la ministre, j’avoue avoir toujours pensé que la seconde délibération était un procédé surprenant, voire contraire au respect dû au Parlement. Faire voter et revoter des amendements – qui n’ont pas forcément la légitimité requise – jusqu’à obtenir gain de cause, c’est à la limite de la démocratie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

Malheureuse ! L’impétrante a perdu une occasion de se taire. Jean-Luc Warsmann, président de la commission des lois, va lui clouer le bec, non mais : 
Ma chère collègue, je vous rappelle que le travail parlementaire est long. (...) Il ne faut donc pas utiliser les grands mots à tort et à travers. En l’occurrence (...) nous sommes fidèles au travail de la commission tel qu’il résulte de nombreuses heures d’audition et nous soumettons à l’Assemblée le fruit de ses travaux.
Rachida Dati ne pipera mot, elle s'est contentée d’un simple "favorable". Dix minutes plus tard, après les explications de vote sans grande surprise et le vote de la loi, les gardes-chiourmes de permanence se bousculeront en bas de l'hémicycle pour flatter se faire bien voir de saluer leur ministre protégée.

Félicitations, mesdames et messieurs les députés UMP. En plus de votre filouterie, vous venez d’adopter une loi en-deça du protocole onusien qu’elle est supposée traduire.
 
edit (28-09) : Le Monde (via son nouvel accrédité à la Chancellerie, Alain Salles) rend compte de l'incident intra-UMP. Mais se garde bien de s'interroger sur la compatibilté loi-Protocole. 

25.09.2007

En direct de l'Assemblée (ce soir)

Allez, un petit effort. La loi sur le contrôleur général des lieux de privation de liberté, vous vous en souvenez, non ? Mais si, rappelez-vous : à l’occasion de son examen en première lecture par les locataires du Palais du Luxembourg, Rachida Dati, la ministre de la Justice, avait eu l’occasion d’étaler sa méconnaissance des traités onusiens. Eh bien figurez-vous que la loi va être examinée à compter d’aujourd’hui par l’Assemblée nationale.
La semaine dernière, les membres de la commission des lois n’ont pas profité de leurs amendements pour rectifier les erreurs commises par les sénateurs. Oh, pour sûr, ce point de détail n’est pas le scoop du siècle. A vrai dire, même, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt : le texte, innovation juridique non négligeable, est un potentiel sujet de raliement droite-gauche, qui mérite que l’on y jette un œil.
Pour toutes ces raisons, je pense aller faire un tour à l’Assemblée ce soir, à 21h30, pour la session de nuit. J'espère très fort assister à la discussion de l'amendement n°57 déposé par la député UMP du Nord Françoise Hostalier : elle, au moins, a pris la peine de lire le Protocole facultatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de l'ONU. Des nouvelles donc, ici, très vite, des conditions d’amélioration de la justice en France.

12.09.2007

Ma vie en 2.0

Comment, j’ai renoncé à devenir base-logistique-distributeur de flyers-démarcheur-correspondant local pour citycampus.fr, pour moins de 300 euros par mois en CDD.

 

ebff0579cdbf403ba2bc8fb3715a5bfe.jpgLe rendez-vous était fixé à 11 heures, j’ai beau arriver pile à l’heure, je suis l’un des derniers. Trois heures plus tard, je suis le premier à sortir. Entre deux, j’ai refusé une offre d’emploi en CDD pour un site proam. Motivé à l’idée d’afficher sur mon CV une première expérience de journaliste web, j’en ressors atterré par le constat : entrepreneurs du net et journalistes, même pas bornés, ne parlent décidément pas la même langue. Et c’est bien dommage.

Retour sur les faits. L’histoire débute par une offre d’emploi, repérée ça et là. Journalisme et internet, implication dans la vie culturelle et étudiante locale : le profil me convient, la perspective d’arrondir les fins de mois est séduisante sinon nécessaire. Mi-août, je passe un (long) entretien, dans les locaux du club de la presse de ma capitale de région. Quelques semaines plus tard, me voilà convoqué pour deux journées de formation à Paris, dans les bureaux de citycampus. L’adresse dans le VIIIè sonne agréablement à mes oreilles de provincial, monté pour un mois de stage à la capitale.

A la volée. Dans la salle, nous sommes une grosse dizaine de jeunes étudiants, bac+4, bac+5, venus des principales villes estudiantines de France, pour la plupart issus de filières infocom, quelques uns sont comme moi en école de journalisme. Pour nous recevoir, il y a l’un des quatre associés -ancien directeur marketing de l’OFUP- la rédactrice en chef, son adjoint. Il fait chaud, étouffant même : une quinzaine de personnes dans une salle d’une dizaine de mètres carrés tout au plus, mais les fenêtres sont fermées pour éviter le bruit des travaux, en bas, dans la cour.
Pendant une grosse heure, l’associé en question nous lit le pitch sur powerpoint. Ca donne, à la volée : « nous voulons être le myspace étudiant », l’objectif, c’est « quelques dizaines de milliers de membres d’ici fin 2007», « un million en décembre 2008 », « partenariats avec lemonde.fr, nrj, on espère rue89 », « 250 jours hommes, soit 500k€ consacrés au développement du site », et, nous assure-t-on, la volonté de faire bien plus qu’un coup - pardon, un « take the money and run », comme on dit, dans la novlangue d’usage.Bref, les objectifs sont prétentieux. Tant mieux. J’aime bien les personnes ambitieuses. J’ai beau me destiner au journalisme, je ne rechigne pas à parler un tantinet la langue marketing : la cible des 18-25 ans est porteuse sur le marché publicitaire, et on nous assure qu’une régie publicitaire est sur les rangs. Le business plan paraît solide, l’idée bien ficelée.

Le miel et les abeilles. Il fait de plus en plus chaud et le café offert en arrivant m’a donné soif. Il n’y a pas d’eau. Pas de pause cigarette, non plus. C’est au tour de la rédactrice en chef de parler. D’abord, la ligne éditoriale. Des dossiers pot-à-miel à étudiants (« la collocation »), cinq « fils rouges » (infos pratiques sur la vie étudiante, culture, web, écologie-développement durable, solidarité-initiative citoyenne). Rien de révolutionnaire, mais rien de profondément rebutant. Dans ma tête, je fais le tour des amis, même et surtout ceux perdus de vue depuis un moment, dont j’imagine éventuellement dresser le portrait. Bref, je m’y vois plutôt bien, dans mon poste de «correspondant local campusnews/citycampus».

Il est 13 heures bien passées, il fait toujours aussi chaud. Mais, miracle, les ouvriers du bas partent déjeuner, les fenêtres s’ouvrent pour quelques minutes. C’est le moment de reprendre la fiche de poste, dans sa version réactualisée. Surprise : la production éditoriale ne sera pas la seule partie du job, il va s’agir, aussi, d’assurer un pôle d’« animation ». D’abord, modérer, commenter, recommander, créer et animer groupes de discutions ou réseaux locaux. Mon enthousiasme initial commence à s’envoler : je connais suffisamment internet pour savoir que derrière ces conditions a priori de bon sens, une pompe à temps considérable pointe le bout du nez, impossible à quantifier. En plus, il va s’agir d’identifier les éventuelscontributeurs locaux prêts à balancer sur le site leur production - pour rien, bien sûr : « Des gens qui font des fanzines et ne savent pas comment le rendre public » -à l’heure où ouvrir un blog n’a rien de plus facile, de qui peut-il bien s’agir ?- ou bien « des salles de concert, pour qu’elles mettent elles-mêmes en ligne leurs agendas par exemple » - je me vois mal, débarquant dans ma salle de concert préférée, demander à la chargée de com’ de se farcir elle-même l’ingrat travail de mise en ligne. Ah oui, j’oubliais : « Le premier mois, pour la campagne de com’, on va vous envoyer des flyers et des affiches, il faudra les distribuer dans les BDE et les écoles de la ville. »
Pour le reste, les contraintes éditoriales sont enfin fixées : chaque mois, 5 articles d’au minimum 2500 signes - et si t’as de l’audio ou de la vidéo, c’est encore mieux coco ; chaque semaine, 3 brèves d’un bon petit millier de signes plus 10 évènements ajoutés à l’agenda -dont trois commentés, coco, tu comprends, c’est plus attirant. Je sacrifie une page de mon carnet de note au calcul, vite fait, prenant à chaque fois la base minimale de production éditoriale :
  • 5 articles, soit au moins 10 000 signes ;
  • 12 brèves, soit au moins 12 000 signes ;
  • 40 évènements à l’agenda, dont 12 commentés : 5000 signes.
Au bas mot, quelque chose comme 25000 signes par mois, plus de quinze feuillets (1500 signes de texte, instrument de base de la mesure du travail d'un journaliste).
 
Cours toujours. Il est 13 heures 30, les ouvriers sont revenus, et la fenêtre est refermée. L’associé du début, celui passé par l’OFUP, repasse le bout du nez. « Vous êtes toujours avec nous ? » Moi : « Ca va dépendre de la suite, quand même ». Je ne vais pas être déçu. La fiche de poste a beau comporter quelques lignes supplémentaires non quantifiables, on a beau me demander de « vivre citycampus, dormir citycampus, penser citycampus, manger citycampus », le salaire n’a pas varié d’un iota. Trois cent cinquante euros bruts. « On est est parti sur une journée de travail par semaine, soit un contrat de 40 heures mensuelles. » Pour l’ensemble des tâches listées, promotion online et offline comprises, que j'évalue plutôt au double pour faire le job consciencieusement. Sur la page de mon carnet, je rapporte le prix au feuillet. Vingt euros brut, et les relations publiques, aussi enrichissante que le stockage et la distribution de flyers en cadeau. Quant à la partie variable, je n’ai toujours pas bien compris comment le seuil des nouveaux membres devait influer, je ne suis pas très sûr que l’associé lui-même ait vraiment les idées arrêtées, à vrai dire.
Il est 14 heures passé, je prends la porte. Je suis le seul. Je me demande si je suis un dinosaure, avec mes signes, avec mes feuillets, avec mon honnêteté à la con. Je me maudis de ne pas être capable de signer ce contrat de trois mois et demis sans période d’essai, tout en sachant pertinemment que je ne remplirai pas les objectifs fixés. A ma (modeste) échelle, j’aurais dû faire un « take (a little bit of) money and run ».

11.09.2007

Mon samedi et mon dimanche à La Rochelle (un invité)

Du retard dans l’envoi de cette « carte postale ». Les militants socialistes ont leurs obligations de la semaine qui s’ajoutent aux quelques difficultés qu’il y a eu d’accéder à internet Espace Encan.

Après le ballet médiatique et les premiers ateliers du vendredi, qu’y avait-il d’à la fois important et intéressant à retenir de mes journées du samedi 1er et du dimanche 2 à La Rochelle ?

Désolé pour les militants socialistes « DSKiens » ou « soc-dem », ou les tout simplement intéressées par le courant « social-démocrate », je n’étais pas présent à la réunion du vendredi soir, salle de l’Oratoire, autour de Camba et Moscovici, où s’effectuait la présentation du manifeste de « Socialisme & Démocratie », destiné à peser sur la rénovation du PS (rendu public depuis ai-je lu). Non, j’ai opté pour un autre choix : l’invitation apparemment traditionnelle à dîner faite par « mon » premier fédéral. Difficile de ne pas honorer celle-ci. 

Le samedi a été, je pense, amplement repris par les radios, télévisions et quotidiens. «Où en est la gauche ?» est le titre de cet atelier du matin. La salle plénière qui donne sur le port est bondée ; la composition est, il faut le dire, alléchante. Les militants d’une part, les journalistes d’autre part, l’on bien senti. « Sur scène », Marylise Lebranchu, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg et Michel Rocard, entourés de Zaiki Laïdi, chercheur à Sciences-Po-Paris. Ah oui, pardon, et Julien Dray ! Tenez, avez-vous entendu J.D., vu des images de lui ? Certainement que non, et pourtant… Il était là ; à la gauche d’Arnaud. Il intervient sur la fin, pas de quoi retourner la salle. Auparavant, a-t-il écouté ses camarades ? Pas sûr, je l’observe tant ce qui ressemble à une absence, une présence uniquement physique est marquante. Je n’ai pas partagé, ni ses choix, ni ses paroles, lui qui a préféré abandonné son thème de travail et d’intervention majeur (la sécurité), mais j’ai de la peine à le voir, afféré à envoyer je-ne-sais-combien de SMS, comme pour tuer le temps. Et pourtant, sa première phrase, à la suite de Bertrand est simple et réelle « Je n’ai pas passé un bon été ». Le poids de la défaite, lui qui l’a vécue aux premières loges, certainement ; et je me pose une question, réélu parlementaire et possédant des responsabilités ou un poids de premier plan au parti, souffre-t-on de « révolte » comme tous les militants socialistes lorsque se succèdent les décisions et les déclarations de l’exécutif et de la majorité ? Si c’est le cas, sa phrase, qui pourrait être celle de tous les militants, n’est pas futile. Dans tous les cas, peu de personne ont du la relever…

Michel Rocard, hué la veille, se présente ; les quelques sifflets sont étouffés par les applaudissements. Son intelligence, son statut et ses actes de premier ministre et son retour de maladie, méritent bien qu’on l’accueille convenablement, et même chaleureusement. Mais, j’ai dans la tête les propos présidentiels tenus à HEC sur la « gestion des ressources humaines » au PS. Et, lui, va retourner la salle. Brillant, astucieux et sincère, en s’adressant aux journalistes, en leur promettant en substance du temps de réflexion et de travail collectif, peut-être moins attirant médiatiquement parlant. Ca tombe bien, il le redira, une bonne moitié du temps d’entretien qu’il aura avec Nicolas Demorrand, vendredi 7 septembre sur Inter. Un écho juste à ce que H. Emmanuelli avait dit la veille en ces termes (approchants) « Pourquoi chercherions-nous un pape si nous n’avons pas encore d’évangiles ? ».

Et Bertrand, l’homme de La Rochelle, salué par le JDD le lendemain. A la limite de la perfection. Orateur percutant, lorsqu’il s’attaque au discours de Dakar ou à l’idée d’opposition entre islam et occident, lorsqu’il joue, dans une approche plus interne, le rassembleur et le ni-éléphant, ni-jeune lion ambitieux, ou lorsqu’il apparaît à la fois comme le modernisateur et l’homme de convictions. Rassembleur en interne, brillant devant les Français et défenseur de certaines valeurs pour les Parisiens. Le tout salué d’une levée spontanée des participant(e)s au badge rose, avec certes quelques militants parisiens mais plus intelligemment placés toutefois que les pro-Ségolène la veille dans l’auditorium.

« Bertrand », l’homme au cœur d’une conversation avec une « camarade » parisienne plus tard, qui bataillait à la même époque l’année dernière pour la candidature de « Lionel ». Sympathique rencontre le samedi soir autour d’une bière sur le port de La Rochelle où l’on discute, en toute franchise, entre pro-DSK (moi) et pro-Fabius par défaut (elle) du 16 novembrei. Une conclusion s’impose à nous : quoiqu’on en dise, si la division entre pro-Ségolène (pas toujours appelée par son prénom par les pro-quelqu’un d’autre !) et les autres au sommet du parti a bien été visible en externe, elle est encore vive, dans les ressentiments et la suspicion, à la base. Triste constat que nous faisons. Et moi, en panne de « leader », m’interroge… Croire en DSK aboutira-t-il, après le travail de rénovation des idées, à croire en Bertrand Delanoë ?

La bataille des idées, celle du travail collectif pour être en mesure de gagner en 2012, c’est l’objectif que j’ai en tête en quittant La Rochelle, sous le soleil du dimanche après-midi. Discours de clôture dimanche matin. Le maire de La Rochelle, le premier fédéral local, une nouvelle élue de la Vienne, la remplaçante de Ségolène Royal à Melle et le président de la FESR se succèdent. Puis vient le jeune président du MJS ; apparemment marqué par la MJS party de la veille (où je n’étais pas puisque je n’avais le « bracelet » mais bien le « badge » rose ! ; puisque j’avais préféré de surcroît le resto voisin de celui où François et Ségolène se sont évitésii ), il fera un bon discours, un très bon discours même. Puis ce sera le dernier discours de La Rochelle de François. Moins caustique, moins drôle qu’à l’accoutumée pour celui qui aura tant de fois privilégier l’humour à la révélation de son intelligence et de ses états d’âme.

Ma Première Université d’été à La Rochelle s’achève, bien décidé à revenir l’année prochaine. L’envie de peser sur le travail collectif de réflexion. Une « contribution » sur un thème que je pense connaître (droits de l’Homme) dans le cadre du congrès ? J’y pense. Dans la poche, un numéro de téléphone du secrétariat national, celui du secrétaire de Adeline. Hazan, secrétaire nationale aux droits de l’Homme ; une personne à contacter.

Y a-t-il vraiment une place pour les jeunes militants désireux d’apporter leur modeste contribution dans cette bataille des idées ? Après La Rochelle, étrangement, j’hésite toutefois à répondre avec certitude par l’affirmative.

un invité, carte postale écrite samedi 8 septembre. 

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i Jour du vote des militants socialistes pour la désignation du candidat (en l’occurrence de la candidate) du PS à l’élection présidentielle.

ii Resto voisin où à trois tables, encore « Bertrand »; le samedi soir, c’est pour tout le monde, nous le laisserons dîner en paix et ne lui adresserons qu’un sourire, sans le déranger plus que cela.

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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.

06.09.2007

la convocation express

François Fillon est plus qu'un simple collaborateur. C'est aussi un surveillant général. 

Avis aux ministres : gare à vos matricules, en ce moment, ça convoque sévère. Pour la petite histoire, Rama Yade tente de se défendre en expliquant qu'elle n'est «pas venue en tant que ministre, plutôt en tant que secrétaire nationale de l’UMP».

ATTENTION - Ajoute demande d'explications du Premier ministre ///
 
AUBERVILLIERS (France), 6 sept 2007 (AFP)
La secrétaire d'Etat française aux Droits de l'Homme Rama Yade a suscité jeudi la polémique après avoir rendu visite à Aubervilliers, une banlieue du nord de Paris à forte population immigrée, à des squatteurs de logements d'origine africaine expulsés.
Le Premier ministre François Fillon, selon son entourage, a reçu Mme Yade "pour comprendre les raisons" de son déplacement controversé et "lui a fait savoir qu'à l'avenir ce type de démarche devrait faire l'objet d'une concertation avec ses collègues" du gouvernement.
(...)
Mme Yade avait de son propre aveu "improvisé" jeudi matin un déplacement à Aubervilliers auprès de squatteurs qui venaient d'être évacués à la demande de la mairie, suscitant la colère de la municipalité PCF qui l'accuse de "soutien aux squatteurs".
La secrétaire d'Etat avait expliqué à l'AFP avoir voulu "arranger les choses" et "amorcer un dialogue" par sa visite.
lby/so/bma
Agence Date (GMT) Titre Mots-clés Catégorie Priorité
AFP 06/09/2007 16:42 France: polémique après une rencontre entre ministre et squatteurs expulsés France immigration CoteIvoire logement évacuation

 

02.09.2007

Mon vendredi à La Rochelle (un invité)

En parler vaut-il vraiment la peine ?

Fond de commerce. 7h30, alors que les journalistes répètent pour la x-ième fois que les "absents" du PS seront nombreux à La Rochelle, je découvre les charmes du port rochelais, café en main. Marie-Noëlle fait son entrée, à ses basques une journaliste de BFM TV. Ça sent la rentrée littéraire ; la critique interne des candidats du PS est une chose, en faire son fond de commerce une autre.
 
Dans la boîte. 14h30 le badge en main, retour sur l’esplanade. Espace Encan, Jean-Christophe Cambadélis, l’organisateur, a déjà fait son entrée. Les militants sont nombreux, première surprise. Les journalistes aussi, l’essaim se forme. Ségolène ? "Rocard", dit-on. On reconnaît Jeff Wittenberg, lunettes de soleil sur le front ou à la chemise. Des insultes montent, une consigne au JRI pour qu’il se retourne. L’image est bonne, semble parfaite pour le sujet du soir. Confirmation aux environs de 20h10, après les 10 ans de la mort de Lady Di, après la mort subite chez le sportif. 
 
 
Les autres "têtes" du PS arrivent. Ségolène. On verra la tête de Jean-Louis Bianco plus grand qu’elle, c’est tout. Puis Bertrand Delanoë, bien entouré aussi, plus discrètement toutefois.

Au travail. 16h15, auditorium. Jean-Christophe Cambadélis ouvre l’université d’été, terminant son intervention sur "les socialistes (qui) se remettent au travail". Et ils le sont, et le seront ! Mais les images n’en diront rien.

Des ateliers de qualité, sur l’individualisme avec Henri Weber, ou l’économie de marché et le socialisme, ponctués d’interventions de militants qui, telle "michèle delaunay, bordeaux" apportent leur modeste idée sur la manière de concevoir les politiques publiques face aux demandes catégorielles : une grille de lecture pour construire notre projet de 2012 et le réussir. Il n’y a pas de petites phrases, l’envie est là de réfléchir, de prendre à bras le corps les nécessités, de livrer la bataille des idées pendant 5 ans et de s’opposer.

Je retiens l’idée, convaincu que si La Rochelle n’est pas la montée des marches du festival, ce n’est pas toutefois le lieu le plus propice pour le nouveau venu que je suis.

Fonction curative pour les maux de militants inquiets, d’eux même et de ce qui se décide, se vote, et se décrète. Réflexion de qualité sur le pourquoi de la défaite.

Ah oui, j’aurais dû parler de comment François Hollande a demandé aux journalistes de s’éloigner de lui, alors qu’il pénétrait dans l’auditorium et que Ségolène Royal s’exprimait 20 mètres plus bas, pour ne pas faire d’image outre mesure, parce qu’il faut tendre l’oreille et écouter.

Ah oui, Ségolène a été applaudie fortement, mais je n’en dis pas plus sur le comment de la chose. Parce que malgré les nombreux absents, une bonne partie de l’intelligence du PS est restée, et présente ici.

un invité , carte postale écrite au matin du samedi 1er septembre

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A propos : Je vais sur ma troisième année d’encarté du Parti socialiste. Nouvel adhérent ? Oui et non : arrivé après Le Mans (congrès de novembre 2005, celui de la synthèse), mais avant le début de la campagne d’adhésion massive. Plutôt jeune adhérent, en fait. Lieu d’arrivée ? Ma commune (ou presque), dans l’une des plus importante fédérations du PS. C'est ma première université d'été. Je suis convié, en outre, à la 7è assemblée générale de rentrée de Socialisme et Démocratie.

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