22.08.2007
Quand l'Elysée joue des ciseaux pour adoucir le discours de Nicolas Sarkozy
Il ne craint pas la langue de bois, mais quand même. Nicolas Sarkozy l'a martelé lundi, à la sortie de la table ronde sur les mesures de surêté contre les criminels dangereux : "les mots ne lui font pas peur". Qui, alors, a décidé d'amputer de deux citations osées la retranscription de ses déclarations, mise en ligne sur le site de l'Elysée ?
Voici la première modification :
... retranscrite en un : "Que s'est-il passé ? Un individu qui, dans sa vie, a commis plusieurs viols sur mineurs, a été condamné à vingt-sept années de prison (...)" - c'est au début du deuxième paragraphe.
La "carrière" renvoit au débat Sarkozy/Onfray de la campagne présidentielle. Pour mémoire, Nicolas Sarkozy avait lancé un "J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. (...) Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense" qui en avait fait bondir plus d'un.
Mais à vrai dire, la coupe est d'autant plus étrange qu'un peu plus loin, le président en remet une louche sur les "hommes de cette nature, (l)es individus de cette nature", qui ne cache rien de la conception que Nicolas Sarkozy se fait de l'être humain.
Voici pour la seconde :
... retranscrite en un : "Le premier des droits à défendre, c'est le droit de la victime", épuré de cette référence aux droits de l'homme (c'est à peu près au milieu de l'intervention). En tant que telle, la citation reste osée. Mais elle a l'avantage de ne pas rappeler un "Le premier des droits de l'homme, c'est de manger (...)" qui avait valu au précédent locataire de l'Elysée quelques déboires, et d'atténuer quelque peu la sortie présidentielle.
La reformulation d'une intervention destinée à la presse audiovisuelle avant tout est certes indispensable. Mais elle est supposée être faite en toute honnêteté, surtout sur des sujets aussi sensibles, où la démagogie ordnaire règne en maître. Ca n'a manifestement pas été le cas, et c'est quand même sacrément balourd quand captations vidéo et sonores sont à disposition de l'internaute curieux.
19:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Elysée, communication, politique, coupes


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