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30.07.2007
La salle d'attente
- J’ai vu, dans Match …
- Quoi, parce que tu lis Paris Match, toooâââ ?
- Oui, enfin, c’était dans la salle d'attente, chez le dentiste … (1)
Michel Rocard, ancien premier ministre et plus récemment miraculé de Calcutta, signe un retour cette semaine, dans les colonnes de Paris Match. Acide mais lucide, à contre-courant des nostalgiques aigris, il est toujours aussi indispensable. Dans une démarche très marketée, Paris Match diffuse, sur son site internet, une interview vidéo (2) de l’ancien Premier ministre. L’article papier n’est pas disponible en ligne, la vidéo tient davantage du teasing bas de gamme que du supplément d'information.
Précisément, le soucis, c'est que, version internet, le célèbre "poids des mots, choc des photos" connaît quelques ratées. S’il n’y a pas de problème pour les photos (les voyeurs seront sans doute déçus par un Rocard qui ne porte ni cicatrice, ni pansement voyant), les mots laissent à désirer. Voir Rocard avertir qu’"il n’y aura pas de reconstruction sans qu’on pense", torse nu avec une serviette de bain à proximité, c’est quand même un peu léger, non ? Et cette voix féminine qui semble traduire (de français à français) la première question posée, rendant inaudible la réponse de Rocard ... ? Et ce montage qui fait se succéder Rocard habillé, Rocard torse nu, Rocard habillé, Rocard torse nu ... ? Manière subliminale de nous faire comprendre qu’il devrait aller se rhabiller, papy, ou simple erreur de monteur stagiaire ?
En fait, cette vidéo est surtout une illustration de ce hic que Rocard souligne avec plaisir. Vous autres journalistes, "vous ne savez pas comment nous traiter quand on n’est de simples fournisseurs d’idées", voilà l’accusation. Et il a raison Rocard. Encore une fois. La preuve. Pour qu’on le laisse dire ça, il a fallu qu’il s’exhibe, montre son crâne dégarni, son corps vaguement ragallardi. Et ces images, voilà ce qu'on retient, plus que ce qui est dit.
Je lis en ce moment Si la gauche savait, son livre d’entretiens avec George-Marc Benamou. Dans sa nouvelle édition augmentée, il livre quelques réflexions sur le début de la campagne présidentielle de 2007. Sans surprise, il est proche des critiques d’un Bayrou sur des médias responsables de la pauvreté du débat politique. Mais il va plus loin. L’ancien candidat à la présidentielle qu’il fut en tire la conclusion que l’élection au suffrage universel direct du Présdient de la République n’est sans doute pas "la plus grande innovation politique du XXè siècle" chantée par certains. Penser contre soi-même, ne pas avoir peur d'évoluer, ce n'est pas un retournement de veste, sans doute la seule manière de faire avancer la réflexion en politique.
Ah oui, j’oubliais Michel. Pour intervenir dans le débat sans être obligé de poser à poil, et permettre aux lecteurs de contourner l’alibi de la salle d’attente, il y a un moyen très facile. Lis donc des billets qui s’attachent aux idées sur des blogs, comme ici où l’on parle de toi, d’ailleurs. Et puis je suis sûr que Versac serait ravi de t’aider à faire un retour, un vrai, sur le net, lui qui semble porter une attention particulière aux vétérans de la Vè République. Parce que, tu le sais mieux que personne, la gauche ne sait pas encore.
(1) : variante : chez le coiffeur
(2) pour la vidéo, je vous recommande de vous dépêcher, je crois qu'elle ne restera pas très longtemps en ligne sur le site de match, et l'hebdomadaire d'Arnaud Lagardère ne semble pas encore complètement converti au partage vidéo.
(photo : capture d'écran, parismatch.com)
12:55 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, rocard, michel rocard, paris match, parti socialiste, ps, élections
26.07.2007
Ceux qui veulent normaliser
Pour huit infirmières et un médecin bulgares, combien de Libyens dans les prisons de Moammar Khadafi, de migrants expulsés à la vite vers des pays pas franchement réputés pour leur sécurité ? A l’heure où l’on signe des contrats à gogo avec le régime libyen, on commence à redouter que l’heureux dénouement de mardi ne serve d’alibi démocratique, en France mais pas seulement.Ils s’appellent Idriss Boufayed, Al-Mahdi Saleh Hmeed et ses frères Adel, Ali, Faraj et al-Sadq, Ahmed Youssef al-Abidi, Bashir Qasem al-Hares, Alaa al-Dressi, Jamal al-Hajji, et Farid Mohammed al-Zwai. Vous n’avez jamais entendu parler d’eux -ou si peu-, et vous n’entendrez probablement jamais parler d’eux.
Cercueils. Le 16 février dernier, à une heure du matin, Idriss Boufayed est arrêté par des officiers des services de renseignement libyens. Un peu plus tard dans la journée, c'est au tour d’Al-Mahdi Saleh Hmeed et de ses frères. Au total, en deux jours, ils sont douze à avoir été arrêtés. Leur tort ? Avoir appelé à une manifestation pacifique dans les rues de Tripoli, réclamant que lumière soit faite, après à la mort d'une dizaine de personnes, il y a un peu d'un an, dans une manifestation, à Benghazi. Pendant près de cinq mois, ils ont attendu de connaître les raisons de leur détention, et un procès. Certains en prison, d’autres dans les locaux des services de renseignement libyens, deux d’entre eux au moins ont été torturés pendant les divers interrogatoires auxquels ils ont été soumis. Enfermés dans des cercueils, frappés à coups de chaussures de sécurité, de bouts de bois, bref, tout ce qui passe là.
Leur procès s’est ouvert début juillet, devant la cour de Tajoura, à Tripoli. Sans que les accusations retenues ne soient précisées. (1)
Ils sont 64 430, et n’ont pas de nom. Au cours de l’année 2006, ils ont mis un pied en Libye, rêvant pour beaucoup d’un ailleurs européen. La plupart sont des migrants dits « économiques », d’autres non. Mais ça, le régime de Khadafi n’en a que faire. Tous ont été renvoyés chez eux, sans s’encombrer de plus de procédures.
Viols. Les migrants n’ont pas pour autant déserté la Libye, bien au contraire. Certains d’entre eux viennent d’Erythrée, pourraient demander l'asile en Libye. Mais ils n’ont pas accès aux représentants du HCR –ou difficilement-, sont plutôt envoyés vers les centres de Misratah (200km à l’est de Tripoli), et al-Marj (1000 km à l’est de Tripoli). Début 2007, un émissaire du gouvernement érythréen se présente au centre de Misratah. Il fait pression sur les détenus érythréens pour obtenir d’eux qu’ils signent des papiers, ils permettraient leur rapatriement en Erythrée. Aucun n’accepte. Les gardes libyens se chargent de faire savoir leur façon de penser. Menaces de morts, ratonnades à coups de barres de fer, et, à plusieurs reprises, viols contre les détenues femmes. (2)« La Libye lâche les freins. » Il y a quelques mois, Patrick Lebrun, à la tête de la mission économique française à Tripoli, vantait les charmes d’un pays qui « redémarre ». Il était interrogé par Florence Beaugé, dans les colonnes du Monde, au détour d’un grand article titré « Quand la Libye s’éveille ».
Qui-vive. Hier, nous autres Français, venons de signer un (autre) memorandum avec notre nouveau « partenaire stratégique », qui, avant-hier, remportait son abominable chantage sur le dos de huit personnels soignants bulgares. « Premier pas vers la normalisation » vante-on, un peu partout. La France, si elle est la plus rapide à dégainer, n’est pas la seule à être sur le qui-vive, et, du côté de Bruxelles, on devrait être plutôt bien arrangé par cette normalisation. Depuis quelques années, les accords de coopération migratoires avec la Libye se sont multipliés, ainsi que les rencontres au sommet – l’accord JAI des 2 et 3 juin étant d’ailleurs conclu alors que Nicolas Sarkozy était le tout nouveau locataire de la Place Beauvau, quand bien même se dispensait-il très régulièrement d’assister aux réunions du Conseil.
Ah, et si une rédaction veut m'envoyer sur place tenter de recouper les faits, c'est avec plaisir que je saute sur la mission.
07:00 Publié dans miscellanées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : khadafi, sarkozy, libye, areva, nucléaire, droits de l'homme, amnesty international
19.07.2007
Killed Bild, Libé sauvé ?
Il arrive en jean, sa poche arrière est déformée par un portefeuille, une petite chaîne argentée l'accroche à sa ceintue. Il a le crâne complètement dégarni, parle fort et vite, accent du sud ouest prononcé. Il fait des grands gestes. Puis trace un schéma qui "résume tout ce qu'est un nouveau journaliste". Il l'a griffonné dans le train qui l'a amené. Gestionnaire de contenus-traducteur-reporter, le journaliste doit être multicompétent, spécialiste en rien mais dilettante de talent, se garder de l'expression de toute opinion. Et, surtout, "écrire pour ses lecteurs, pas pour les autres journalistes". Les 37 journalistes qui sont sous ses ordres, dans les dix plus grandes métropoles françaises sont "interdits de Clubs de la presse", parce qu'ils "n'ont pas vocation à devenir des notables locaux". Leur job ? "Courir. Ils courent toute la journée."
A l'époque, Didier Pourquery est encore directeur de la rédaction de Métro. Dans une petite salle, il fait face à des étudiants qui, pour certains, deviendront journalistes. Il n'aime rien tant que le contact, apostrophe vertement ceux qui voient en lui le fossoyeur de la presse "à la française". Il raconte les bras de fer avec les ouvriers du syndicat du Livre quand Métro est arrivé en France, les bouclages et les distributions sous la protection de CRS. Dans cet océan de certitudes, c'est tout juste s'il confesse, de temps en temps, être saisi d'un doute. Mais il s'en fout : ces rares fois où le découragement se pointe, il a un truc. Ligne 1 le matin, station Défense, regarder les costumes cravates bien peignés qui "font la démarche" d'aller chercher dans les présentoirs verts le journal gratuit qu'il dirige : voilà qui le convainc qu'il a bien fait de participer au lancement du premier gratuit en France.
*****
Quelques mois plus tard, le même homme. Même type de public, mais une carte de visite un peu différente en poche. Didier Pourquery a été débauché par le groupe Axel Springer pour plancher sur le projet d'un Bild à la française. Le portefeuille et la chaîne ont disparu, pas l'accent ni le jean, encore moins le goût du contact. On le présente comme ancien de Libé, du Monde, de Métro. Il s'agace : "Mais je suis aussi passé par Gala et Voici, et j'en suis fier, je ne comprends pas pourquoi devant certains publics on paraît comme gêné de le dire." Pour le reste, le discours est encore un peu plus musclé. Les quotidiens classiques "oublient leurs lecteurs" ? La seule solution, c'est de tout chambouler, créer un nouveau titre qui permettra de faire évoluer les mentalités. Toute réforme de l'intérieur serait impossible.
A force de l'entendre tout remettre en question, nier la possibilité de réformes, on le prendrait presque pour un vieux maoïste. Il désapprouve. Pour lui, le Bild français permettra de sauver la presse écrite, un point c'est tout : voilà qui le convainc qu'il a bien fait de participer au lancement du nouveau quotidien populaire payant en France.
*****
Axel Springer jette l'éponge le 5 juillet, le Bild français ne se fera pas. Didier Pourquery au chômage ? Allons bon. Huit jours plus tard, c'est le nouveau directeur délégué de la rédaction de Libération. En 2005, dans un chat sur nouvelobs.com, il avait évoqué le quotidien de la rue Béranger.
J'ai commencé à travailler dans ce journal, c'est grâce à lui que je fais mon métier et j'ai confiance dans le "code génétique" de ce quotidien. Il peut être un beau journal intellectuel, de grand reportages, de bonnes enquêtes, de débats et de tendances. Il a tout pour réussir sur le créneau du magazine quotidien exigeant. Il faut simplement qu'il surmonte sa crise de management actuelle et puisse vaincre certains de ses vieux démons (confondre exigeance et méchanceté, par exemple ou se complaire dans la haine de soi, mais bon, ce que j'en dit...).
Laurent Joffrin est ravi, mais devra encore compléter sa dream-team, avec le départ annoncé de Renaud Dély, l'un de ses adjoints actuels vers Le Parisien. En attendant, selon lui, la véritable plus-value Didier Pourquery, ce sont "ses connaissances marketing pour que le contenu corresponde à notre lectorat". Il le dit, dans un article de 20 minutes, avant de préciser : "Nous nous préoccupons beaucoup plus qu’avant de l’effet de nos unes sur les ventes. C’est une nouveauté sur laquelle nous travaillons déjà depuis plusieurs mois. Et évidemment, la baisse de nos ventes reste une priorité." Didier Pourquery va avoir son mot à dire : voilà qui le convainc de sauver le soldat Libé.
Et moi d'attendre avec beaucoup d'impatience la nouvelle formule de la fin septembre.
(photo : nouvelobs.com)
07:00 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pourquery, Didier Pourquery, Libé, Libération, Métro, journalisme, presse
18.07.2007
Assiduité
PARIS (AFP) - Les députés ont adopté mercredi soir le projet de loi de Rachida Dati sur la lutte contre la récidive, qui crée des peines plancher pour les récidivistes et écarte, dans certains cas, "l'excuse de minorité" pour les mineurs de plus de 16 ans.
Le projet, très critiqué par les syndicats de magistrats et les travailleurs sociaux, a été voté par 144 voix (UMP et Nouveau Centre) contre 93 (socialistes, PCF et Verts) (la suite de la dépêche)
144 + 93 = 237 députés présents.
21:50 Publié dans miscellanées | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : députés, assemblée nationale, politique, rachida dati, peines planchers, assiduité
12.07.2007
un peu de S.A.V.
"Ce n'est qu'une question de temps avant que l'affrontement n'éclate." L'hebdomadaire allemand Der Spiegel prête à Angela Merkel ces propos. Mais de qui parlerait ainsi la chancelière allemande ? De notre nouveau Président, pardi !
Ma sortie sur le voyage bruxellois de Nicolas Sarkozy a fait exploser le trafic ici. Mes nouveaux lecteurs (soyez les bienvenus, vous êtes ici chez vous) n'ont cependant pas tous la bienveillance de versac : un parti-pris antisarkozyste systématique nuirait à "l'honnêteté intellectuelle" de mes écrits, commentent certains, ici, et/ou ailleurs.
Histoire de préciser l'intention qui était la mienne, voici trois lectures pour éclairer la visite du Président à Bruxelles, et, plus largement, les vues présidentielles sur une politique de change de l'euro.
D'abord, le procès-verbal de l'intervention de Jean-Claude Juncker hier -mercredi 11 avril- devant le Parlement européen, réuni en pleinière à Strasbourg.
Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Monsieur le Président de la Banque centrale, Madame la Présidente de la commission, Messieurs les rapporteurs, Mesdames, Messieurs,
(...)
Les journaux européens, surtout ceux de cette semaine, nous rapportent les propos qui auraient été échangés, lors d'un récent Eurogroupe, avec un visiteur du soir que nous avions le plaisir d'accueillir. Je lis le résumé de ces longs débats dans des éditoriaux qui tiennent en vingt cinq lignes à peine, et nous nous plaignons que les Européens soient mal informés de la réalité européenne! Soit.
(...)
Vous n'ignorez pas que (...) l'Eurogroupe informel qui s'est réuni à Berlin le 20 avril a pris une décision qui engage, puisque nous avons dit que tous les États membres devraient se retrouver à l'objectif à moyen terme en 2008 et 2009, certains ayant obtenu, sans voir leur cas être précisé, de devoir y être en 2010. Jamais il ne fut question de n'y être qu'en 2012. Ce fut, bien sûr, le menu principal lorsque, récemment, en début de semaine, nous avons rencontré le Président français, qui est venu, ce dont il convient de se féliciter, nous expliquer, à l'Eurogroupe, les nouvelles lignes et les nouveaux axes de la politique économique et budgétaire française. Nous applaudissons des deux mains au train des réformes qui est engagé, puisqu'il s'agit de réformes structurelles voulues par le gouvernement et par le Président français, mais nous insistons sur ce que nous attendons et exigeons de la France: elle doit, comme les autres États membres de la zone euro, être au rendez vous à mi-parcours que nous nous sommes fixé au 1er janvier 2010.
(...)
Nous pensons tous, puisque c'est un sujet qu'évoque la presse, à la fois en France et outre Rhin (...) qu'aucun pays n'a essayé, dans une langue de travail quelconque de l'Union européenne, lundi dernier, dans le cadre de l'Eurogroupe, de mettre en cause l'indépendance de la Banque centrale. D'ailleurs, si quelqu'un se permettait de le faire, il ne suffirait pas de se montrer expressif dans sa façon d'articuler une pensée peu recommandable, encore faudrait il respecter les traités. Nous avons voulu une Banque centrale indépendante, nous avons une Banque centrale indépendante. Elle restera bien sûr une autorité monétaire centrale indépendante. (Applaudissements)
La chancelière Angela Merkel a fermement rejeté les appels de la France à une baisse de l'euro, un sujet qui risque, peu après l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, de mettre à l'épreuve le couple franco-allemand déjà à la peine dans le dossier EADS.
"Cela ne me dit vraiment rien. Je ne suis pas prête à aller sur ce terrain. Et le gouvernement allemand non plus", a déclaré la chancelière conservatrice dans une interview à la chaîne de télévision RTL diffusée mardi soir, alors qu'on lui demandait son avis sur de récentes propositions françaises d'oeuvrer en faveur d'une baisse du taux de change de la monnaie unique.
(...)
Aussi bien Nicolas Sarkozy que sa rivale socialiste Ségolène Royale ont fait de l'euro un sujet de campagne présidentielle. Tous deux exigeaient alors une remise à plat des compétences de la BCE, accusée, par des hausses de taux d'intérêt à répétition, qui dopent l'euro, de sacrifier la croissance sur l'autel de la lutte contre l'inflation.
(...)
Angela Merkel, qui est montée à plusieurs reprises au créneau au cours de ces derniers mois pour réaffirmer son attachement à l'indépendance de la BCE, a recommencé mardi.
"L'indépendance de la Banque centrale européenne est un point crucial. Et c'est pourquoi il n'est pas question pour l'Allemagne de changer d'avis en ce moment" a-t-elle tranché.
(...)
Au delà, Angela Merkel semble se préparer à des temps orageux avec son homologue français. Le magazine Der Spiegel paru lundi faisait état d'une conversation inattendue de la chancelière avec son prédécesseur Gerhard Schröder lors d'une soirée organisée il y a une semaine par le groupe parlementaire social-démocrate.
Les Allemands vont encore avoir des problèmes avec Nicolas Sarkozy, qui veut à toute force imposer les intérêts français, confiait-elle à son ancien rival social-démocrate, selon des propos au style indirect. Lors du sommet européen de juin, le nouveau locataire de l'Elysée a encore joué un rôle constructif, car ses intérêts coïncidaient par hasard avec ceux des Allemands, aurait-elle dit, avant d'ajouter: mais ce n'est qu'une question de temps avant que l'affrontement n'éclate.
Et pourtant, Nicolas Sarkozy persiste et signe. Voici un extrait de la lettre de mission reçue hier par Christine Lagarde.
En concertation avec nos partenaires, vous vous fixerez l'objectif de parvenir à un gouvernement économique de l'Europe, et plus particulièrement de la zone euro.
Les pays membres de la zone euro doivent d'abord rechercher une plus grande convergence de leurs politiques économiques. Ils doivent ensuite pouvoir dialoguer réellement avec la Banque centrale européenne afin de doter la zone euro d'une stratégie monétaire. Vous examinerez notamment dans quelle mesure pourrait être élaboré un accord entre l'Eurogroupe et la Banque centrale européenne permettant de préciser les conditions de ce dialogue et les modalités de mise en œuvre d'une politique de change.
Vous n'hésiterez pas à proposer des réformes institutionnelles pour un meilleur fonctionnement économique de la zone euro, permettant d'engranger de la croissance, de l'emploi et de la prospérité.
Pas sûr que ces "réformes institutionnelles" réclamées par Nicolas Sarkozy rassureront la chancelière allemande. A quoi pourrait-elles référer d'autre qu'une évolution de l'article 108 du traité de Rome ? Pourtant, les aspirations de Nicolas Sarkozy de faire de l'Eurogroupe un contrepoids à la BCE ont été sèchement rejetées, tant par le président de la Commission que par le président de l'Eurogroupe : pour eux, la réflexion que le président français réclame est du ressort de l'Ecofin. Qui, comme chacun sait, n'a aucune chance de faire adopter cette "politique de change de l'euro", un peu plus de la moitié de ses membres n'ayant pas adopté la monnaie unique - mais je me répète.
Alors pourquoi tant d'acharnement de ma part sur le sujet ? Tout simplement parce que, pour moi, l'euro n'est pas un bouc émissaire. Ségolène Royal aurait-elle fait les mêmes sorties une fois élue présidente que ma réaction aurait été identique, cher François Mitterrand. Dois-je faire l'injure à l'artisan du lien franco-allemand que vous fûtes de prêter attention à la manière dont les fanfaronnades françaises sont perçues à Berlin ?
Retour à des sujets davantage franco-français très prochainement.
(photo : David Hecker/AFP/DDP)
14:05 Publié dans miscellanées | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, allemagne, merkel, bce, eurogroupe, bruxelles
10.07.2007
N. Sarkozy c. BCE : un jeu partout, service à suivre ?
Nicolas Sarkozy était attendu à Bruxelles. Quoiqu'encore tout ébaubis de sa prestation, dans la nuit du 22 au 23 juin, au Conseil européen, les journalistes européens se demandaient toujours de quel bois Sarkozy-l'européen était fait. La réponse pourrait être plus nuancée que celle montrée dans nos journaux français : loin de la solidité revendiquée, certaines de ses positions de candidat sont plus vermoulues qu'il ne veut bien le montrer.
En apparence, tout est simple : entre le blanc-seing obtenu par le nouveau ministre de l'Economie Président sur sa politique économique et la carte Strauss Kahn admirablement abattue, Nicolas Sarkozy ne se serait pas déplacé à Bruxelles pour rien hier soir. Même Yves Clarisse, de chez Reuters, peu suspect de connivence sarkozyste, y va de son titre choc : "Sarkozy obtient la bénédiction de l'eurogroupe sur les déficits." A priori, donc, Nicolas Sarkozy aurait conquis l'eurogroupe, et serait bien parti pour réussir à en faire le contrepoids qu'il appelle de ses voeux, à cette banque centrale européenne qu'il n'a de cesse de critiquer.
Fable. Oui, mais voilà, tout le monde ne partage pas cet avis. Les journalistes bruxellois de The Economist, par exemple, n'y vont pas avec le dos de la cuiller. L'absence de Joaquin Almunia, le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, à la conférence de presse ou bien les SMS reçus des délégations ministérielles présentes lors du sommet dessinent de l'expédition bruxelloise du Président un toute autre tableau que la "fable" (sic) que Nicolas Sarkozy voudrait conter.
Mais il y a plus révélateur encore. Pendant la petite vingtaine de minutes qu'a duré la conférence de presse conjointe tenue avec Jean-Claude Junker -qui a d'ailleurs vu son bras frénétiquement tapoté par le Président français à chaque occasion possible- un autre sujet est venu sur le tapis. Et le nouveau Président s'est montré nettement moins convainquant.
Fin de non-recevoir. Un journaliste de l'édition allemande du Financial Times a profité de l'occasion qui lui était donnée pour tirer au clair les attaques répétées de Sarkozy contre la Banque centrale européenne, qui, lit-on, ça ou là, susciteraient l'ire de la chancelière allemande.
Voici la question :
Voici la réponse à la première question.
Etendre la réflexion de l'eurogroupe au conseil écofin est une manière plutôt subtile et élégante de la part de Bruxelles d'opposer une fin de non-recevoir aux volontés de Nicolas Sarkozy - voire de se protéger contre ses velléités sur l'indépendance de la Banque centrale européenne. Le conseil écofin, qui regroupe tous les ministres des finances de l'UE, n'est pas l'eurogroupe. Dans le cadre de l'eurogroupe, Nicolas Sarkozy ne pourra qu'à la marge plaider pour une politique active en matière de change, tout simplement parce que plus de la moitié des ministres qu'il aura alors en face de lui ... ne seront pas concernés !
Cette gêne, à vrai dire, on peut facilement l'expliquer. Soudain, être forcé à tant de retenues ; soudain, devoir user d'euphémismes pour parler de Jean-Claude Trichet. J'ai assisté au meeting de Lille, le 28 mars dernier. A l'époque, l'aspirant-président ne prenait pas de gants contre un "euro (qui) a fait monter les prix", responsable des "salaires trop bas". A l'époque, il était encore question de déclencher "une offensive diplomatique pour obtenir de nos partenairs qu'ils fassent pression sur la BCE", cette "banque centrale qui ne peut pa continuer à n'avoir de comptes à rendre à personne". A l'époque, enfin, l'aspirant n'hésitait pas à faire siffler ces "commissaires européens, (ces) dirigeants de banque centrale (qui) pensent à votre place, décident à votre place" - c'était à la toute fin, adhésion garantie.
Alors, oui, on comprend qu'il y a de quoi être quelque peu gêné, aujourd'hui, quand Jean-Claude Juncker siffle la fin de la partie. "Personne ne met en cause l'indépendance de la banque centrale." S'il s'entête vraiment à vouloir faire le break, il risque de trouver plus fort que lui sur son chemin.
07:00 Publié dans miscellanées | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, juncker, bruxelles, bce, eurogroupe, politique
06.07.2007
Entre deux échanges sur la fusion GDF-Suez, Nicolas Sarkozy et Albert Frère font joujou avec leurs téléphones...
Dimanche 2 juillet, les parlementaires arpentent sous la pluie les fêtes de fin d'école et autres foires agricoles dans leurs circonscriptions. Nicolas Sarkozy et Albert Frère s'en fichent : ils profitent des charmes du Fort de Brégançon. Et comme la fusion GDF-Suez, au bout d'un moment, c'est un poil barbant, les deux compères décident de s'amuser un peu.
Nicolas S. : Elle m'emmerde cette fusion, elle m'emmerde ! Et tu le sais bien ! Déjà, il y a ce que j'avais étais assez bête pour annoncer, en 2004 quand j'étais à Bercy, en plus j'ai Guéant qui tire dans un sens, Guaino dans un autre ... Et puis toi qui t'en vas acheter des parts d'Iberdola. Comme si il n'y avait pas suffisamment de rumeurs qui courent ! Mais t'inquiètes pas. Quel que soit le résultat, tu seras le premier informé. Tiens, d'ailleurs, histoire de faire comprendre à Fillon que c'est bien moi le maître l'agenda, on va dire à Guéant d'annoncer que dans les quinze jours, tout est plié. Il rencontre La Tribune aujourd'hui, l'interview sort demain, c'est bien comme timing, non ?
Albert F.: OK. Mais je veux vraiment que tu me tiennes au courant des discutions avec Gérard et Jean-François, je suis pas monté à 9,5% du capital de Suez pour rien ...
Bon, assez parlé de cette fichue fusion, et on va encore assez s'en parler les prochains jours. C'est coquet, dis-moi, ton nouveau chez toi ; et puis cette vue sur la Méditerranée, sur Bormes-les-Mimosa, ...
Nicolas S. : Et attends Albert, t'as rien vu encore ! Le mieux, c'est les services qui vont avec. Tiens, regardes. Je peux téléphoner à qui je veux, où je veux, quand je veux. Vas-y, dis moi un nom, dans 3 minutes on est avec lui au téléphone... Chiche ?
Albert F. : Chiche ! J'ai une idée : et si on appelait Didier Reynders ? Tu pourrais le féliciter, tu sais, pour la victoire de son pari aux législatives, chez moi...
Nicolas S. : Pfff ... Trop facile. J'ai son numéro de portable. On est des bons potes avec Didier, on se comprend, il a été ministre des Finances, moi aussi ...
Nicolas sort son blackberry non-sécurisé, farfouille dans le répertoire. Interdit de l'utiliser, il décroche l'un des appareils sécurisé à sa disposition. Mais c'est trop tard, Albert Frère l'a devancé. Lui n'est pas privé de GSM.
Albert F. : Oh le con ! Il est sur messagerie !
Nicolas S. : Ah mais ça va pas se passer comme ça. Attends, j'appelle le centre de crise de l'Elysée, ils vont me le trouver Didier !
Dix minutes passent, le téléphone sonne.
Un opérateur de la cellule de crise de l'Elysée : Monsieur le Président ? C'est bon, on a localisé M. Reynders. Il est au bout du fil, on vous met en relation.
Nicolas S. : Allô, Didier ? C'est Nicolas. Bravo !
Didier R. : Hein ? Nicolas, c'est toi ? Mais pourquoi tu m'appelles chez moi un dimanche ? Je suis à table, là ! Avec ma famille, on est à Hesbaye, c'est dans la campagne.
Nicolas S. : Ah, c'est pour ça alors qu'on est tombé sur ta messagerie ! Me dis pas que t'as pas de réseau quand même. Nous aussi on est à table, je suis avec Albert Frère, on parlait de Suez-GDF ... Et puis on s'est dit qu'on allait t'appeler, histoire de te féliciter pour ta brillante victoire aux législatives ! Alors, on se voit bientôt, aui Portugal, pour le prochain Conseil européen, tu seras là !
Didier R. : Euh ... tu sais, ça va sans doute être un peu plus compliqué que ça ... Je suis pas encore Premier ministre, loin de là.
Nicolas S. : Ah ?! Bon, en tout cas, ça m'a fait bien plaisir de t'avoir au bout du fil. Tu salues ta femme pour moi ? Allez, bisous bécos.
Dialogue reconstitué à partir de deux articles de La Libre Belgique, et du blog "Europe" de The Economist - qui ne manque pas de railler les manières de notre Président. Du déjeuner entre Nicolas Sarkozy et Albert Frère - qui détient près de 10% de Suez, faut-il le rappeler- on ne sait rien. Alors que la semaine est cruciale pour la fusion GDF-Suez et que, comme le titre Le Figaro, "Sarkozy s'empare du dossier", rien à faire, la rencontre n'apparaît sur aucun agenda.
16:15 Publié dans les dialogues (à peine) imaginaires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : albert frère, nicolas sarkozy, fusion, gdf, suez, sarkozy
05.07.2007
TEPA cap' de rester étudiant - ou l'exonération d'impôt pour les moins de vingt-cinq ans est-elle une déclaration de guerre générationnelle ?
Mais dans un an, mon futur employeur risque de me demander de prolonger encore un peu mon statut estudiantin, histoire que je lui coûte un peu moins. Et je m'empresserais de courir à la fac la plus plus proche, m'inscrire dans une formation que je ne suivrais pas, dans l'unique but de conserver le précieux sésame - à mon niveau d'étude, je peux postuler à une année de préparation au capes, ou à l'agrégation, ou bien encore à n'importe quel master de recherche, sans être spécialement sélectionné. Une fois dûment inscris, je pourrais alors narguer d'un sourire carnassier tous ceux qui ont dépassé les 25 ans et qui, comme moi, aspireront à décrocher un contrat.
Car voyez-vous, vous les vieux qui avez dépassé les 25 ans, vous ne pourrez prétendre à un affranchissement total de l'impôt, et vous ne pourrez faire jouer la concurrence à la baisse autant que moi. Bref, au jeu des enchères inversées, ne cherchez pas, je vous bats : à salaire égal, un peu plus que vous, à la fin du mois, toujours me restera.
Pas fous, les conseillersdu président de la République de madame le ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi ont bien posé des conditions : ils savent en effet qu'introduire une discrimination sur le seul motif de l'âge exposerait immanquablement leur "exonération d'impôt des étudiants qui doivent travailler pour financer leurs études" à une censure du Conseil constitutionnel, incapables qu'ils seraient de justifier que "la différence de traitement qui résulte (de cette discrimination est) en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit" (1). Et elles sont draconiennes, leurs conditions, jugez-en plutôt... Me voilà en effet affranchi de l'impôt, conformément au 36° de l'article 81 du code général des impôts nouvellement rédigé, pour toutes mes "activités exercées pendant (mes) études, secondaires ou supérieures, ou exercées durant leurs congés scolaires ou universitaires, dans la limite de trois fois le montant mensuel du salaire minimum de croissance."
Que n'aurait du promettre le candidat Sarkozy aux salariés de travailler plus pour gagner plus : il permet à mon futur employeur de me faire travailler autant, en me payant moins.
je ne peux guère que me rassurer en lisant des compte-rendus de séance de commission qui montrent qu'a priori, je ne suis pas le seul à avoir compris de travers.
08:00 Publié dans miscellanées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, assemblee, impots, sarkozy, projet de loi, travail, emploi
04.07.2007
les journalistes ? des totalitaires en puissance, privilégiés fiscalement, et sans éthique

La semaine dernière, les journalistes ont poussé un coup de gueule. Dans le collimateur des différentes sociétés de journalistes réunies autour de François Malye, du Point, il y a ces articles passés à la trappe, ces évictions pilotées par qui l'on sait, ou bien encore cette nomination à un poste de direction de la première chaîne décidée et annoncée ... toujours par qui l'on sait. Bref, la semaine dernière, les journalistes ont poussé un coup de gueule contre des attaques qui menacent leur indépendance, contre l'ingérence décomplexée du locataire de l'Élysée.
Je ne vais pas m'appesantir sur le sujet. Futur journaliste, je comprends ces craintes ; mais enfant de la génération internet, je pense qu'une information, une vraie, vérifiée et recoupée, ne peut plus être tue aujourd'hui comme elle l'était hier. Celui qui, désormais, s'oppose à la publication d'un article sourcé le verra immanquablement repris ailleurs. Peut-être un peu trop naïf, je suis en fait persuadé que c'est trop souvent la presse elle même qui se laisse mener en charrette. (1)
Mais de cette décomplexion, Nicolas Sarkozy n'est pas le seul à jouer. Bien sûr, dans les cas que je vais évoquer, il ne s'agit pas d'agissements dans l'ombre ni de pressions sur les amis, les frères, patrons de rédactions ou propriétaires de journaux. Non. Il s'agit d'attaques lancées en pleine lumière par des politiques, souvent de premier plan. D'insinuations détestables en généralisations fumeuses, ces sorties ont moins fait parler d'elles que les coups de téléphone de l'agité de l'Élysée. A raison, peut-être. Mais elles aussi contribuent à jeter le discrédit sur une profession toute entière. Et elles aussi témoignent de cette décomplexion généralisée, sinon de mépris ou de mauvaise foi éhontée.
Il y a d'abord celui qui est toujours méchant. Jean-Luc Mélenchon ne s'est jamais distingué par la finesse de ses attaques. Les Lituaniens s'en sont pris plein la gueule ; puis, ca a été au tour de Jean Quatremer, le correspondant de Libé à Bruxelles. Cette fois, ce sont tous les journalistes qui se font tâcler. Sans doute contrarié parce qu'il ne sait pas encore quand il sera en vacances cet été, le sénateur de l'Essonne raille
"ceux (qui) récupèrent en ce moment avec les moyens de leurs privilèges fiscaux leur RTT suspendue pour la période où ils nous bourraient le crâne pendant les élections présidentielles. Ca au moins c’est une bonne nouvelle."
La grande clââsse.
Il y a ensuite le goujat, celui qui qualifie une ancienne député UDF de s***** en se tournant ostensiblement vers une caméra. Mais loin de s'excuser, quelle est la première réaction de l'impétrant ? Dauber sur ces journalistes voleurs d'images. Tout habitué des plateaux télé qu'il est, Patrick Deveidjan ne peut pas ne pas avoir remarqué le JRI qui accompagne le député avec lequel il s'entretient rue de l'université. Quand on a une caméra à l'épaule -et, comme l'assure le rédacteur en chef de Télé Lyon Métropole, un micro dirigé vers les trois hommes en discussion- on n'a rien d'un voleur, on fait son boulot.
Mais pas question pour le secrétaire général délégué de l'UMP et aspirant calife de revenir sur sa piteuse défense. Samedi, une fois la polémique un peu retombée, voilà l'analyse qu'il livre sur son blog, dans une note à propos de de son "dérapage" :
"Si plus rien n’est privé, si tout doit être totalement transparent, le totalitarisme n’est pas loin et la liberté individuelle vraiment menacée."
Au moment où j'écris ce billet, Patrick Devedjian reçoit le prix de "humour et politique", et me fournit une transition rêvée. Car sa prédécesseur à ce ridicule et inutile titre est la prochaine décomplexée de la liste.
Enfin, il y a celle qui voudrait donner des leçons d'éthique, alors qu'elle use des insinuations les plus douteuses. Aux débuts de sa campagne, alors qu'elle n'était encore que candidate à la candidature socialiste, Ségolène Royal avait vertement tancé un journaliste couvrant son voyage à Dakar. "On ne m'interrompt pas quand je parle, on se respecte" : la charge de l'institutrice Royal était dure. Mais la maîtresse peut faire bien mieux. Le 24 juin, elle est invitée sur le plateau de dimanche + ; elle revient, entre autre, sur la manière dont sa rupture avec François Hollande a été annoncée le soir du second tour des élections législatives, à 22.15, via une dépêche de l'AFP parfaitement sourcée et dont pas une virgule ne peut être modifiée. La vidéo est ici, la partie en question dure trois minutes (entre 14'49'' et 18'...).
Au milieu de ses réponses, il y a cette attaque, lourde, contre l'AFP :

Je ne sais pas vous, mais moi, l'entendre balancer, comme ça, que les journalistes doivent obéir au doigt et à l'oeil, ne doivent pas publier une dépêche qu'elle serait pourtant bien incapable de démentir ... ça m'a fait un peu froid dans le dos. D'autant que l'AFP n'a pas été en reste quand le ministre de l'Intérieur Sarkozy menait campagne à grand coup de descentes de police ultra-médiatiques en banlieue.
(1) Le candidat sur le cheval Univers et la presse en charrette pour une balade en Camargue, Philippe Ridet, Le Monde du 22 avril 2007sarkozycamargue_phridet.pdf
Voilà, fin du panorama. Bientôt, retour à des notes plus en rapport avec le cher hémicycle, avec quelques remarques sur le casting ou bien encore les (quatre) quarts d'heure de gloire d'hier.
07:30 Publié dans la presse et moi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, presse, medias, attaques, censures, sarkozy, royal






