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28.06.2007
exclusif : le contenu de la réforme constitutionnelle sur les institutions
Statut de l'opposition, intervention du Président de la République devant le Parlement, nombre de commissions à l'Assemblée : Bernard Accoyer espère encore pouvoir "réfléchir". Mais sur ces sujets phares de la réforme des institutions sauce Sarkozy, la feuille de route est définie depuis un moment déjà."Tout cela, il faut y réfléchir". Pas effrayé à l'idée de passer pour un grand naïf -accessoirement dépourvu d'un dictionnaire des synonymes- le tout nouveau président de l'Assemblée nationale n'a pas mégoté sur les appels au remue-méninges, hier soir sur le plateau de La chaîne parlementaire.
Augmenter le nombre de commissions à l'Assemblée ? "La réflexion est à ouvrir". Abaisser à 15 le seuil des députés nécessaires à la constitution d'un groupe parlementaire ? "Je ne dis pas oui, je ne dis pas non, je pense qu'il faut réfléchir". Ajouter un drapeau européen aux côtés de l'étendard bleu-blanc-rouge trônant depuis peu derrière le perchoir de l'Assemblée ? "Il faut y réfléchir, faire des simulations".
Bienvenue chez moi. Non exhaustif, le florilège pourrait presque faire sourire. Mais voilà, quand bien même Bernard Accoyer réussirait à faire phosphorer ensemble des députés qui n'ont manifestement que faire des appels à un travail constructif lancés d'un peu partout, son exploit serait vain. Dans ses bagages, le Président de la République est arrivé avec une réforme constitutionnelle déjà écrite, depuis un peu plus d'un an.
A l'époque, c'est François Fillon qui se collait à la présentation, en réclamant "une nouvelle rédaction de la Constitution donnant clairement au Président la conduite de la politique de la Nation, faisant du Premier Ministre, le premier des ministres prévoyant plusieurs rendez-vous annuels avec le Parlement et abrogeant les articles qui permettent à l’Assemblée Nationale de mettre en cause la responsabilité du gouvernement". En regard, le recours à la dissolution entraînerait "la remise en jeu du mandat présidentiel".
Mais à vrai dire, Bernard Accoyer, ça n'a pas l'air de le déranger beaucoup, cette présidentialisation de la Ve République. Mieux encore. Non seulement, pour lui, "un pas significatif vers une présidentialisation" a déjà été franchi à l'occasion des élections présidentielle et législatives, mais "peu importe" que Nicolas s'invite chez lui "une fois par an ou quand il le veut", comme lui ont demandé à peu près à l'unisson les trois journalistes présents sur le plateau. Pas grand chose à voir avec le State of the Union américain, on est plutôt dans l'invitation permanente.
Manichéen un jour, manichéen toujours. Et rien à dire, à l'UMP, le casting pour le perchoir a été parfait : Bernard Accoyer a le profil idéal pour conduire un brainstorming qu'il sait vain. Toujours sur le plateau de La chaîne parlementaire, il a reconnu avoir "été manichéen", quand il était chef de file de l'UMP à l'Assemblée. Bien sûr, il s'est aussitôt empressé de rajouter que "le passé, est le passé, (qu'il a) beaucoup évolué". Mais, cochon qui s'en dédit, ses réponses hier soir, suintaient les bonnes vieilles méthodes, et la gauche a pris cher, qu'il a caricaturée enfermée dans une "idéologie d’une autre époque, et d’un autre siècle". Pas à contradiction prêt, il s'en remettait à sa sagesse, deux réponses plus tôt, pour rallier 3/5 des parlemantaires à la réforme constitutionnelle Sarkozy : "Vous croyez que l'opposition est toujours manichéenne ?" a-t-il lancé, dans un éclat de rire.
NB : Bernard Accoyer, à défaut d'un dictionnaire des synonymes, lit mon blog ! Si si, à son tour, le voilà qui a évoqué "l'obligation" de modifier la carte des circonscriptions suite aux décisions du Conseil Constitutionnel. Tiens, d'ailleurs, ça tombe bien, le discours de François Fillon de 2006 traite là encore de la question....
05:00 Publié dans miscellanées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, constitution, assemblée, accoyer, sarkozy, fillon, president


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