13.05.2008

ce post n'est pas autobiographique

W00tBloggyBlogg: u graduated wtf are you gonna do now?
Noah Barron: Boy, I sure wish I knew. I'm looking for a job but it's turning out to be really difficult, given the journalism market right now.
WBB: lol srs? u prolly suck at jourlsm amirite? or maybe they saw ur uggfase on fasebook hehehehe ;)
Noah: I hope not. I think I bring a variety of skills to the table--writing, editing, Web design, video production, photography and graphics, but mostly I'm finding it's well-nigh impossible to get any kind of response from employers I send applications to.
WBB: wtf is well-nigh? also dont end ur sentences w/ a preposition. so like u send apps in & the doods are like "rofl this fool sucks" or wut?
Noah: Honestly, I have no idea. I send out resumes to nearly every position on MediaBistro and other similar media job sites--dozens of applications total--and have never gotten a single return e-mail or call. Not one.
My only job leads are from internships I've done and personal contacts I've made. I guess I'm just surprised that in the age of digital journalism, a digital journalist's digital job searches are so seemingly useless.
WBB: whatvr dood dont cry QQ y not start ur own blog and make bux on ads etc?
Noah: I mean, that's definitely an option. I already have a site, but haven't developed it properly. I just feel like I need health insurance and a steady income coming out of graduate school...is that too much to ask?
WBB: obvi!!!! u should post more lohan upskirts imo :P
Noah: See, that's what I'm trying to avoid. If I'm going to be a DIY-blogger/journalist, I want to create meaningful, interesting content that is relevant enough to belong in a newspaper, but is tailored to an online audience.
WBB: o so like blah blah darfur blah blah global warming zzzzz yeah thatll get lots of hits. gg dood.
Noah: Come on Bloggy, don't you think we can find a way to package socially-conscious, important news for the casual Web reader while also turning a profit?
WBB: ....
Noah: Well, what do you suggest?
WBB: durr y not offer something useful to ur readers instd of whining on the interwebz? that's y most blogs r real boringzzzzz urs included :/
sur l'Online Journalism Review, sous la plume de leur ex-stagiaire Noah Barron.

19.03.2008

On va sortir les ciseaux...

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«On n'est jamais mieux servi que par soi-même.» En nommant Alain Marleix secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités locales, l'Elysée fait fort : l'ex-secrétaire d'Etat aux anciens combattant est également le spécialiste-ès-investitures-et-cartes-électorales de l'UMP.
   
Allez, ce soir, place au storytelling. Les héroïnes du jour ? Trois circonscriptions du Pas-de-Calais -cinquième, sixième et septième, pour être précis- dont je vais vous narrer l'histoire. Vous allez voir, elles ne sont pas sans lien avec l'actualité du jour.
  
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Pendant fort longtemps, Boulogne-sur-mer (sous-préfecture d'un peu plus de 40 000 habitants) a eu son député à l'Assemblée. Calais, autre sous-préfecture, voisine d'une trentaine de kilomètres et première ville du département par ses quelque 80 000 habitants, avait également le sien. Boulogne et Calais, deux villes populaires, où des quartiers entiers sont acquis à la gauche. Cinquième et septième circonscriptions, deux circonscriptions à peu près égales en poids démographique (en jouant avec les villages alentours). Et deux circonscriptions de gauche. Du genre de celles où même un âne portant un bonnet de gauche serait élu [je concède bien volontiers que, depuis dimanche dernier et la mise à la porte de l'âne portant l'étiquette communiste jusqu'alors maire de Calais, cette phrase perd sans doute un peu de sa force, mais je maintiens]. Entre les deux, regroupant l'ensemble des (petites) communes de la Côte d'Opale situées entre Calais et Boulogne-sur-mer, il y a la sixième circonscription, qui s'enfonce un peu dans l'intérieur des terres. Celle-ci aussi est socialiste depuis belle lurette, et peu soumise au ressac des vagues de gauche et de droite successives.
 
En 1986, Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur de son état décide de donner une bonne leçon à ses indécrotables électeurs de gauche de réadapter les circonscriptions à la population, après l'augmentation du nombre de députés. Suivant une ligne directrice simple, précédement relevée ici, il redécoupe cette satanée carte électorale, avec une idée forte en tête : garantir, «en conditions normales de scrutin, un tiers des sièges à la droite, avec un petit avantage au RPR (ce qui correspond au rapport des forces dans le pays), un tiers à la gauche, l’attribution du dernier tiers résultant de la glorieuse incertitude du vote.» Que croyez qu'il arriva à nos trois circonscriptions ? Eh bien elles furent redecoupées. Du vrai travail d'orfèvre ou de boucher, selon le point de vue adopté.
 
Plusieurs quartiers de Calais et de Boulogne se sont trouvés regroupés dans une sixième circonscription nouvelle mouture. Pas n'importe lesquels, ces quartiers : si vous avez en tête les images de Boulogne-sur-mer quand les journalistes débarquent dans la famille de Scarface-aka-Franck Ribéry, vous comprendrez ce que je veux dire par là. Cohérence géographique et démographique ? Faible. Cohérence politique ? Totale. Cette nouvelle sixième circonscription, le RPR décide de faire une croix dessus - et ce n'est pas pour rien, au passage, qu'un dénommé Jack Lang y réussit son parachutage en 2002. En revanche, concentration maximale des efforts sur la septième circonscription : un chouilla plus bourgeoise et mâtinée d'un poil de ruralité, elle est éventuellement gagnable, en fonction de ... oh, la formule m'échappe. Comment disait-il, déjà, Charles ? Ah oui, c'est ça : de «la glorieuse incertitude du vote» - comprenez : des vagues successives et contradictoires si chères au coeur des électeurs français.
 
Bien entendu, les efforts ont fini par payer. Bien entendu, un député de droite finit par siéger, pour quelques années, à l'Assemblée. C'était en 1993 (tiens donc), un élu de droite dans une ville au coeur (encore) communiste.
 
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Pourquoi raconter aujourd'hui cette histoire ? Parce que en 1986, aux côtés de Charles Pasqua, dans les bureaux de la place Beauvau, il y avait un conseiller, ancien journaliste du quotidien gaulliste «La Nation» (a priori diplômé de l'Ecole de journalisme de Lille, qui, elle, curieusement, ne s'en souvient pas). Pas besoin de vous faire un dessin, même les plus fainéants et réfractaires aux liens ont compris de qui il s'agit.
 
Autant dire que, des histoires comme celles de ces deux circonscriptions, Alain Marleix, nouveau secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités locales, en connaît des centaines sur le bout des doigts. Et, à part surveiller de près sa ministre de tutelle peu en cour chez les sarkozystes, quelle sera la mission au ministère de l'intérieur de celui qui règne en maître sur les investitures délivrées par l'UMP, croyez-vous ? Je laisse le soin à Michaël Darmon de vous l'annoncer : 
 

Ah oui, décidément, c'est sûr : on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Le gerrymandering (voir la succulente définition qui en est donné ici) a sans doute de beaux jours devant lui, et c'est bien dommage. Comme l'a rappelé à maintes reprises le Conseil constitutionnel, cette fichue réforme de la carte électorale est indispensable. Pas les couteaux de boucher. 
 
 
edit (jeudi 20 mars, 15.00) : un lecteur fidèle me fait suivre ce portrait que Philippe Ridet a consacré à Alain Marleix, dans Le Monde du 1er février. Pour vous mettre l'eau à la bouche, en voici l'accroche :
Un jour qu'il survolait la région Rhône-Alpes pour se rendre à une réunion publique, un ami qui l'accompagnait lui demanda : « On est où, là ? »
Alain Marleix jeta un oeil par le hublot de l'avion et répondit, catégorique : «Nous sommes au-dessus de la 3e circonscription de l'Ain.»

10.03.2008

La meilleure couverture de la soirée des municipales

... vous la trouverez ici. 25000 signes qui vous disent tout, des news brutes, quelques commentaires acides qui font mouche (spéciale dédicasse à l'update de 20.31)

sinon, juste pour le fun, je suis en grande partie responsable de cette une :

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voilà.

04.03.2008

un site qu'il est bien

Si les municipales dans le Nord-Pas-de-Calais vous intéressent vous pouvez vous rendre ici. Et, même si vous n'avez jamais mis les pieds dans la région, venez quand même y faire un tour, vous allez aimer. 

D'ici dimanche, mes dix petits camarades et moi-même, on va essayer de vous raconter, pele-mèle, qui a réalisé ce clip de campagne de Marine Le Pen et Steeve Briois à Hénin-Beaumont (distribué dans les onze mille boîtes aux lettres de la ville), pourquoi la Ligue Communiste Révolutionnaire n'est présente que dans onze des quelque 1 500 communes de la région, ou bien encore qui sont les jumeaux de Maroeuil (Pas-de-Calais).

Il y aura encore du live-blogging (on tentera d'éviter les écueils du genre), avec Christian Vanneste ou Jean-Marie Le Pen. Et peut-être même, aussi, des gens de gauche. 

 

 

20.02.2008

les victimes comme point Godwin

Les victimes, c'est un peu le point Godwin d'une discussion sur le droit pénal, plus encore lorsqu'on flirte avec le pénitentiaire. Grâce à la (toujours) excellente émission Les dessous de la loi, consacrée cette fois à la loi relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental avec MC Jean-René Lecerf en vedette, on découvre qu'un certain sénateur, l'un des douze heureux élus au suffrage universel direct (eh oui), est champion en ce domaine. 


Bravo, monsieur Robert-Denis del Picchia, vous venez de transformer le Sénat en forum internet bas de gamme.